Essai : roues Roval Alpinist CLX

Les roues de montagne, à chambre à air, qui gagnent sur le Tour !
Publié le 12/09/2020 16:48 - par
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  • Ces Roval Alpinist CLX n'ont pas fini de faire parler d'elles. Lancées en même temps que leurs collègues hautes, les "Rapide CLX", elles partagent la même technologie de flancs ultra fins qui permettent d'abaisser considérablement leur poids. Corollaire anachronique, elles ne sont PAS tubeless, mais exclusivement à chambre et à pneu... et à disque.

    Au diable les têtes à queue du marketing, puisque ces Alpinist gagnent ! Et quand on dit gagne, on veut dire gagner de la plus prestigieuse manière, une étape du Tour 2020 par exemple, sous les pédales de Julian Alaphilippe.

    Et oui, elles ne sont pas à boyaux, pas tubeless, mais elles sont, la nouvelle référence de roues de montagne, grâce au freinage disque qui offre de nouvelle perspectives du côté de la conception des jantes.

    De notre côté, nous avons eu la chance d'essayer ces roues, bien avant les fait d'armes accomplis sur le Tour, lors du lancement du Tarmac SL7. Un essai rapide (à tout point de vue), mais largement suffisant pour percevoir le potentiel de ces roues. Il faut dire que pour vraiment marquer la différence avec les "Rapide CLX" (51 et 60mm de haut), Specialized avait pris soin de nous emmener sur un terrain sans équivoque, le Col des Limouches, sur les contreforts drômois du Vercors. 10KM d'ascention à 7% de moyenne...soit 700 mètres de dénivelé... et autant en descente, un peu plus qu'un "faux plat", histoire d'éviter la comparaison avec les Rapid.

     

    A bloc dans le Col des Limouches... (photo Pauline Ballet)

     

    Les Specs

    Avant de rentrer dans le détail, les chiffres

    Freinage : disque !

    Hauteur : 33mm

    Largeur ext / int : non communiqué / 21mm

    Poids constructeur : 1248 grammes (paire)

    Tarif : 2399€

     

    Côté produit, rien à redire, la qualité de construction est particulièrement soignée. Les marquages Roval sont aussi déclinés en noir pour un look plus sobre.

     

    Technologie : presque aussi larges que hautes !

    Même si la largeur externe n'est pas communiqué, elle est visuellement très proche de la hauteur (de l'ordre de 30mm), ce qui confère aux Alpinist un profil volumineux. Avec 21mm de largeur entre crochets, les pneus (en 26mm) sont idéalement exploités. Nous l'avons écrit à maintes reprises, mais nous vérifions une fois encore que pour des pneus route courant, la largeur interne de 21mm est le meilleur compromis,  offrant à la fois une belle empreinte au sol, une bonne aéro (si la jante est suffisamment large en externe, ce qui est moins vrai sur les jantes alu) et une sécurité de maintient (il est vrai renforcé en chambre, et toujours meilleure à basse pression).

    Ce profil volumineux permet d'affiner les parois, et notamment les flancs, d'autant qu'ils ne supportent pas le freinage.

    Specialized estime que s'ils n'autorisent pas le tubeless (car le tubeless exerce une contrainte importante, localisée à la jonction tringle-jante), les flans ultralight permettent un gain de poids global (chambre à air comprise) plus important.

    Pour autant le poids de la jante n'est pas communiqué... si l'on se réfère aux RAR en 38mm du même poids que nous testions en début d'été, équipées des mêmes rayons, mais de moyeux plus légers, nous estimons la jante à un poids inférieur, probablement dans une fourchette 360-380g

     

    Hautes, mais aussi très larges, les Alpinist assurent aérodynamique et stabilité. On note au passage les écrous de rayons externes.

     

    Prise en main

    A l'échauffement sur le plat, on remarque surtout leur neutralité. Pas d'impression particulière de légèreté et/ou "nervosité", les Alpinist sont stables, insensibles aux vents latéraux, et confortables. Elles sont clairement des roues "classiques" dans leurs domaines d'utilisation.

    De très bonnes sensations, mais pas hors-norme comme certaines roues hyper rigides (Lightweight, Bora, CCU...). Ici on reste dans la maitrise et l'équilibre plutôt que la surenchère, une démarche qui nous semble plus rationnelle, surtout compte tenue de la rigidité des vélos qui vont les adopter.

     

    La montée.

    Sans être "une horreur", le col des Limouches n'est pas un faux plat. Avec sa pente modérée et très régulière il se prête plus à une montée assise au train. ça tombe bien, les Alpinist sont un modèle de facilité et permettent de monter dans la plus plaisante des fluidités. Même si l'écart de poids avec les Rapide ne semble pas énorme, les changements de rythme eux sont bien différents. malgré le pourcentage modeste des Limouches, les Alpinist apportent déjà des sensations bien plus légères. Il est toujours difficile de statuer sur la base de sensations, mais à défaut d'autre chose, et avec tout de même un peu d'expérience, nous dirons au moins qu'on ne fait jamais de bonnes performances contre de mauvaises sensations.

    Associé au Tarmac SL7, celui-ci retrouve une facilité aérienne en montagne (photo Pauline Ballet)

    Mais pour être plus concret, disons qu'associé au tarmac SL7, il est difficile de trouver combinaison plus efficace dans la pente. Même si les Alpinist ne sont pas ultra rigides, elles sont un superbe compromis entre un roulage assis ultra feutré, et des relances en danseuses efficaces (et là le cadre y est aussi pour beaucoup).

    C'est l'association des deux qui fait l'efficacité, et nous ne doutons pas que de nombreux cadre puissent bénéficier de la même alchimie.

     

     

    La descente.

    Situé à flanc de vallée du Rhône, le col des Limouches alterne passages protégés en forêt et épingles ouvertes en plein vent. Un terrain particulièrement exigeant où les Alpinist ont été particulièrement à leur avantage. Comme on s'y attendait le profil large est idéal pour ces conditions de rafales aussi soudaines que violentes.

     

     

     

    Bilan : des Alpinistes aussi à l'aise en haute montagne qu'en terrain vallonné !

    Comme on pouvait s'y attendre, les Alpinist sont un régal en montée !

    Légères, aériennes mais conciliantes. Plutôt composées qu'extrémistes, le toucher "classique" n'est pas déconcertant dans l'effort, et ne semble pas non plus manquer de quoi que ce soit lorsque Julian Alaphilippe les met en action (el les grimpeurs du team Bora Hansgrohe égament).

    Le plus est qu'en réalité, elles sont également ultra-stables, ultra-précises et très aéro (pour leur catégorie), et donc, en dépit de leur nom, s'avère finalement très polyvalentes.

    Pour aller plus loin, nous saluons la segmentation Roval qui se limite aux roues hautes "Rapide" ou basses "Alpinist". L'une comme l'autre sont au top de leur catégorie, mais sont aussi assez polyvalentes pour s'aventurer sur un plus large terrain.

    Résultat, avec une paire vous couvrez votre besoin principal sans exclure les autres, et avec deux paires vous couvrez tous les besoins...

    Une solution finale aux débats entre 38mm vs 42mm, ou 35 vs 45, ou pourquoi pas 50, et une paire de 25mm pour la montagne.... bref, sans être bon marché, les Alpinist sont d'une part compétitive par rapport à la concurrence, et surtout mettent fin aux dilemmes de hauteur.

     

    En résumé, le concept est particulièrement réussi, et prouve qu'on peut concilier faible poids, polyvalence et performance du plus haut niveau en chambre à air !

    Après leurs succès sur le Tour, les Alpinist CLX prennent même une autre dimension plus dramatique... celle de fossoyeur du mythe du boyau.

     

    Discrets mais efficaces, les moyeux aéro AFD4 sont équipés de la dernière roue libre DT Swiss 240S

     

     

     

     


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