BMC Urs One : Un plantigrade aux griffes acérées !

Ce gravel a été présenté l’été dernier en Suisse en grande pompe. Nous y étions ,ce vélo avait marqué les esprits grâce à son allure et aux choix techniques pris par l’équipe en charge de son développement. Après une prise en main réalisée dans le massif jurassien, nous nous devions le mettre à l’épreuve sur nos tracés de référence.
Publié le 21/02/2020 09:30 - par
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  • Texte : Amaël Donnet

    Photos : Amaël Donnet, Vincent Becqué, Joël Perrier & Jérémie Reuiller/BMC

     

     

    Un caractère bien trempé

    Malgré une forte expérience dans les milieux du VTT, de la route et du cyclo-cross, BMC n’avait jusqu’à l’an dernier jamais sorti un véritable gravel. Ses tentatives d’approche se limitaient à des adaptations de modèles existants. Pour concevoir l’Urs, les développeurs sont partis d’une feuille blanche. Tout a été remis à plat ! Les codes visuels et les appellations classiques telles que Roadmachine, Teammachine, Trailfox et Cie ont volé en éclat. BMC a pris le parti de miser sur des solutions techniques innovantes et de positionner ce vélo vers la performance et le plaisir du pilotage. En étant vulgaire, il est possible de dire que l’ours a posé ses couilles sur la table ! Cela peut surprendre dans un monde trop conformiste, mais nous approuvons cette démarche audacieuse.

     

    L’âme du plantigrade

    Il est coutumier de dire que le cadre et la fourche sont l’âme d’un vélo. BMC a pris cet adage au pied de la lettre, le châssis de l’Urs s’avère ultra soigné. Nous l’avons longuement détaillé lors de notre première présentation , de ce fait nous allons nous concentrer uniquement sur les points les plus importants. Les voici :

     

    L’aspect technique le plus visuel concerne l’adoption d’une mini-suspension arrière. Celle-ci délivre un débattement de dix millimètres. Ce concept dénommé MTT, pour Micro Travel Technology, provient du VTT cross-country Teamelite. Le débattement est obtenu par la déformation d’un élastomère. A contrario du concept «softail», les rigidités axiales et latérales sont préservées grâce à un système de guidage interne. L’élastomère est fabriqué en Allemagne, pour le moment il n’existe qu’une une seule dureté.

    Le projet de l’Urs est parti de la modification du cadre de VTT Teamelite. Stefan, le responsable du bureau d’études, nous montre le premier prototype. Copyright Jérémie Reuiller

    BMC a repris le concept de son poste de pilotage ICS. Le câblage passage dans la potence avant de «voyager» en interne dans le cadre. Le rendu visuel est magnifique. Cette option ne se retrouve pas sur les modèles les moins onéreux.

     

     

    La construction en carbone du châssis repose sur les fondamentaux de BMC. La marque suisse a maximisé les rigidités axiales et latérales tout en apportant une certaine souplesse verticale. Pour maximiser le confort, la tige de selle possède une certaine flexibilité. Vu que cet ensemble se destine à un usage intensif, le bas des fourreaux de la fourche et du tube diagonal sont dotés de renforts caoutchoutés. Pour plus de confort, la tige de selle possède une certaine flexibilité. En taille M, le cadre (uniquement compatible monoplateau) est annoncé à 1'050 grammes tandis que la fourche pèse 550 grammes. L’Urs existe en quatre tailles : S, M, L & XL. De série il est équipé avec une tige de selle sans déport.

     

    Pour une utilisation polyvalente, un garde-boue se fixe sur le tube de selle. Divers inserts rendent ce vélo ultra compatible avec une utilisation vélotaf ou voyage (bikepacking).

     

    Du côté des géométries -Le concept Gravel+

    Le terme gravel regroupe plusieurs visions de cette pratique alternative. Il serait possible d’oser des choses en matière de géométrie, mais le plus souvent les constructeurs brillent par leur frilosité. Ce n’est pas le cas de BMC. Les développeurs ont adapté au gravel une recette qui a fait ses preuves en VTT. Nous avions déjà suivi cette direction il y a trois ans pour concevoir notre cadre personnel en titane. Pour avoir un gravel à la fois stable, maniable, efficace dans le technique sans être pénalisant au pédalage, la solution est simple : il faut rallonger le reach, rendre l’angle de direction plus agressif et limiter la longueur des bases. Cette géométrie se combine avec des potences courtes (de 55 à 70mm). Les géométries ont été conçues pour être compatibles avec les fourches télescopiques spécifiques (Fox 32 AX ou la futur Manitou) et avec des roues en 700. Le dégagement offert par le triangle arrière et la fourche autorise le montage de pneus allant jusqu’à 700X45mm ou 650X47mm.

     

     

    A l’essai - Rock’n’roll !

    Lors de sa prise en main, réalisée entre le Chasseral et le lac de Bienne, ici le lien Strava, ce vélo nous avait semblé posséder d’excellente qualité dynamique tout en permettant de se lâcher sur les sentiers. Mais rien ne remplace le verdict de notre terrain de jeu alpin pour se faire une idée précise et claire. Après 331 kilomètres parcourus et 10'791 mètres de dénivelé positif engloutis sur des sentiers le plus souvent engagé, soit un ratio de 3’260m de D+ par tranche de cent kilomètres, il est temps de délivrer notre avis.

     

    C’est indéniable, la géométrie s’avère particulièrement réussie. Dans les passages techniques on repousse vite ses limites. Chaque passage chaud devient un défi à relever ! Tout devient plus facile et ce vélo est simple d’utilisation. Ce sentiment de sécurité ne se fait pas au détriment de la sportivité. L’Urs répond à toutes les sollicitations, il s’est montré à la fois rigide et nerveux. Les roues DT Swiss GRC 1400 collent parfaitement à son tempérament de teigne. C’est en roulant vite que ce plantigrade s’apprécie rapidement. Les bases et la boîte de pédaliers ne plient que peu, les relances et les sprints ne sont que du bonheur. A contrario, en cas de panne sèche de «watts» il est possible de se retrouver un peu planté.

     

    La potence de 55mm, suivant la taille du cadre, ira parfaitement à 90% des utilisateurs. Mais suivant les désirs et les morphologies, ou pour plus de sportivité et pour limiter le phénomène du wheelie involontaire dans les fortes pentes (+30%), il est possible d’opter pour une longueur de 70mm sans que cela ne touche au caractère intrinsèque de ce vélo.

    En descente ce gravel se montre plus stable que maniable. Cependant grâce à une direction précise, on cisèle les trajectoires à condition d’être le maître à bord. La fourche ne tape pas trop et on sent bien les bienfaits, en matière de grip et de filtrations des impacts, de l’élastomère. La flexibilité de la tige de selle s’est montrée tout aussi impressionnante ! Cette tige de selle peut céder sa place à un modèle ajustable en 27.2mm de diamètre via un adaptateur. On perdra en confort ce que l’on gagnera en mobilité dans les passages techniques. Quoi qu’il en soit, on peut se lâcher dans les descentes. Les disques différenciés, 180-160mm de diamètre, apportent une puissance de freinage bienvenue. Gare à ne pas trop s’emballer avec la monte pneumatique d’origine, les WTB Resolute se sont montrés relativement fragiles.

     

     

    L’équipement luxueux de cet Urs One délivre des prestations de haut vol. La mixité de la transmission Sram RED AXS et XX1 AXS offre un spectre des rapports larges, cependant l’étagement s’avère perfectible. On se réjouit que Sram nous propose un groupe pensé à cent pour cent pour le gravel… Cela ne devrait plus trop tarder ! Ce gravel BMC est un des meilleurs vélos que nous avons essayés depuis longtemps, il possède des qualités parfois antinomiques (sportivité/confort, stabilité/précision de conduite…) et son fort caractère nous a séduits. On attendait depuis tellement longtemps un tel gravel !

     

    Pour qui ?

    A condition d’avoir les moyens financiers, dans le cas contraire il est toujours possible de vendre un rein, l’Urs One est un vélo exceptionnel. Il permettra au pratiquant expérimenté de repousser ses limites tandis que le débutant (en gravel) se sentira en sécurité. Bien que possédant de solide qualité dynamique et prêt à affronter un pilotage agressif, cet Urs s’accommode d’un tempo plus lent sans toutefois s’accorder avec les balades au rythme du sénateur.

     

    En action sur le Moussa Cross , ce vélo nous emmènera sur la deuxième place scratch. Copyright Joël Perrier

     

    Les plus et les moins

    • Les plus : géométrie, sportivité, confort, excellent dans les zone technique
    • Les moins : à part le tarif… RAS !

     

    Prix et poids

    • 8’999 euros
    • 8’600 grammes (avec pédales et porte-bidon)

     

    Curriculum Vitae

    Cadre et fourche carbone

    Direction intégrée

    Cintre Easton EC70 AX

    Potence BMC ICS 01, passage des durites et des gaines en interne

    Leviers Sram Red AXS

    Pédalier Sram Red AXS, 38 dents

    Dérailleur arrière Sram XX1 Eagle AXS

    Cassette Sram XX1 Eagle AXS, 12 vitesses, 10-50 dents

    Freins Sram Red AXS, disques 180-160mm

    Roues DT Swiss GRC 1400 Spline

    Pneus WTB Resolute, 700X42mm

    Tige de selle BMC Urs D-Shape

    Selle WTB SLB Team

    Tailles S, M, L & XL

    Plus d’informations BMC

     

    La famille Urs

    La famille Urs s’oriente résolument sur un segment haut de gamme. Les transmissions sont toutes monoplateau, nous retrouvons deux vélos montées en Shimano et deux autres en Sram. Les tarifs s’échelonnent entre 2'999 et 8'999 euros. Voici, par ordre crescendo de prix, la collection 2020 BMC Urs 2020

     

    • Urs Four : coloris rouge bordeau / crème, cadre et fourche en carbone, groupe Sram Apex, plateau 40 dents, K7 11-42 dents, roues DT Swiss C 1850, pneus WTB Resolute 700X42mm, guidon Easton EA50 AX, potence classique BMC MSM 02, tige de selle en carbone BMC D-Shape, selle WTB SLB Comp, poids constructeur 9'000g, 2'999 euros

     

    • Urs Three : coloris bleu / orange, cadre et fourche en carbone, groupe mécanique Shimano GRX RX600, plateau 40 dents, K7 11-42 dents, roues Mavic Allroad, pneus WTB Resolute 700X42mm, cintre Easton EA70 AX, potence intégrée BMC ICS 01, tige de selle en carbone BMC D-Shape, selle WTB SLB Race, poids constructeur 8’800g, 3'999 euros

     

     

    • BMC Two : coloris orange / jaune, cadre et fourche en carbone, groupe électrique GRX RX810, plateau 40 dents, K7 11-42 dents, roues DT Swiss GR 1600, pneus WTB Resolute 700X42mm, cintre Easton EA70 AX, potence intégrée BMC ICS 01, tige de selle en carbone BMC D-Shape, selle WTB SLB Team, poids constructeur 8’650g, 5'999 euros

     

    • BMC One : coloris gris / bleu, cadre et fourche en carbone, groupe électrique Sram Red/XX1 AXS, plateau 38 dents, K7 10-50 dents, roues DT Swiss GRC 1400, pneus WTB Resolute 700X42mm, cintre Easton EC70 AX, potence intégrée BMC ICS 01, tige de selle en carbone BMC D-Shape, selle WTB SLB Team, poids constructeur 8’320g, 8'999 euros

     

    Découvrir la gamme de vélo BMC


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