Essai : cintre Ritchey Venture Max WCS, courbe alternative

Dédié à l’aventure ce cintre Venture Max est une nouveauté du catalogue de l’équipementier américain Ritchey. Son look singulier nous a intrigué, nous avons voulu le mettre à l’essai, histoire de voir à qui et à quel type d’aventure il se destine réellement.
Publié le 29/01/2017 12:00 - par
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  • Ritchey est un équipementier visionnaire. Authentique passionné et pratiquant assidu malgré ses 60 printemps, Tom Ritchey s’intéresse à toutes les pratiques du vélo depuis toujours. Pas étonnant qu’il se soit penché sur le Gravel et cette nouvelle tendance qu’est « l’aventure à vélo ». Ainsi, la marque a récemment présenté plusieurs châssis (cadre-fourche), et des accessoires spécifiquement pensés pour répondre aux besoins de ces nouvelles façons de pratiquer le vélo. Le cintre Venture Max fait partie de ces périphériques. Nous l’avons mis à l’épreuve du terrain durant plusieurs mois, depuis novembre dernier pour voir quels avantages et éventuellement quels inconvénients procure son design singulier.

    La forme très originale du Venture Max est déjà surprenante avant le montage.

     

    Complètement cintré

    Fait d’aluminium 7050 triple-butted (3 niveaux d’épaisseur), le Venture Max présente effectivement un dessin particulier, à mi chemin entre le guidon de route traditionnel et l’antique guidon « moustache ». On retrouve les courbures de part et d’autre des « épaules » du cintre mais les retours du tube s’écartent l’un de l’autre vers l’arrière du vélo. Le cintre est plus large en bas qu’en haut. Autre curiosité de ce design, le concept Ergo Bio-Bend, cette espèce de décrochement ou renflement dans le retour du tube, en bas, distingue aussi le Venture Max d’un cintre classique. Au delà de ces courbes originales, il présente une finition très sobre mais soignée, comme souvent chez Ritchey. C’est sans esbroufe mais fonctionnel. Ainsi, on remarque ici les graduations prévues au centre du cintre et dans les courbures pour faciliter l’ajustement de la potence et des cocottes. On remarque également l’apport d’un revêtement rugueux dans ces zones pour optimiser la tenue sans forcer sur les serrages. Rien de révolutionnaire mais des petites attentions pratiques qui font plaisir. Le poids de l’objet est correct, sans atteindre la légèreté record de certains produits luxueux en carbone. On peut augurer que la fiabilité sera au rendez-vous.

    Deux versions sont pour le moment disponibles. Le label WCS signale que l'on est ici en présence du haut de gamme chez Ritchey.

    Indications techniques et finition rugueuse au centre, à l'arrière du cintre.

    Graduations et finition rugueuse dans la courbure pour faciliter le montage des cocottes.

    Montage à tâtons

    Avouons-le, nous avons un peu tâtonné pour monter le Venture Max. Bien entendu, on ne parle pas de la potence ou du ruban (la guidoline) qui se montent comme sur n’importe quel autre cintre de route. Non, on parle du réglage des cocottes. Nous n’avons pas trouvé de préconisations précises permettant de définir comment positionner au mieux les commandes sur le cintre pour optimiser l’ergonomie. Vers le haut ou le bas, vers l’intérieur ou l’extérieur ? On manque de référence. De même, on s’est interrogé sur l’orientation idéale du cintre en mettant les retours plus ou moins à l’horizontal ou pointés vers le bas. Les graduations proposées sur le cintre sont tellement ouvertes qu’on en conclut que chacun peut finalement faire comme il veut. En tout cas, nous vous conseillons de faire quelques essais de positionnement sur le vélo avec les mains tantôt en haut, tantôt en bas avant de figer le tout en mettant le ruban. En ce qui nous concerne, nous avons fini par adopter une position avec les retours plongeant légèrement vers le bas, des cocottes dans l’alignement du cintre juste au dessus de la courbure et le pommeau de cocotte orienté vers le centre. L’idée est que les leviers doivent suivre l’angle d’ouverture des retours pour tomber naturellement dans la main que l’on soit en appui en haut ou en bas du cintre.

    Le Venture Max caractérise immédiatement le vélo sur lequel il est monté. On sait de quel type de pratique on parle.

     

    Roulage

    On voudrait parler de roulage mais on va finalement encore parler un peu de réglages, parce qu’à l’usage aussi, il faut tâtonner pour apprécier ce Venture Max. L'enjeu est de réussir à bien régler la garde des leviers de freins. Délicat problème là aussi. Au départ, disons le franchement, on s’est même demandé si on allait réellement trouver le bon compromis. Pour être bien quand les mains sont au bas du cintre, il nous fallait régler une garde un peu courte des leviers afin de les attraper aisément en cas de besoin. Mais dans cette configuration, la position en haut des cocottes ne nous donnait pas entière satisfaction car nous devions freiner avec tous les doigts sortis pour ne pas les coincer avec la palette de changement de vitesse au freinage (à droite uniquement avec notre transmission mono-plateau mais le problème sera le même à gauche avec une transmission double ou triple). Bref, pas très confortable quand on a l’habitude de garder deux doigts ou trois sous la cocotte pour assurer la prise, ce qui n'est jamais superflu quand on aime s'évader en tout-terrain. Le bon réglage est d'ajuster la garde en réservant juste ce qu'il faut de place pour garder deux doigts sous la cocotte quand on est en position haute. Un réglage au millimètre !

    La sobriété chic des équipements Ritchey se marie à merveille avec l'esprit "gravel".

     

    Roulage bis

    Il aura donc fallu un peu de temps pour trouver le réglage idéal mais ceci fait, nous avons pu apprécier pleinement les atouts proposés par le cintre Venture Max. En position haute, sur les cocottes, l’orientation inclinée des commandes procure un accueil confortable, plus naturel qu’avec un cintre classique. Pour ceux qui roulent longtemps dans cette position, c’est vraiment avantageux. Les poignets sont plus dans l’axe des avant-bras, on fatigue moins. Quand la route devient moins bonne ou que l’on s’évade hors du bitume, on apprécie que cette position favorise l’ouverture des coudes et donc la souplesse des bras pour amortir les éventuels impacts. La position au bas du cintre est également intéressante pour les mêmes raisons. L’accueil est plus naturel, plus confortable. Cette position « en bas » est idéale quand on veut pédaler fort et sprinter mais c’est notamment pour aborder les passages techniques « off-road » où il faut un pilotage précis que nous avons apprécié cette proposition du Venture Max. Les mains bien calées sur l’Ergo Bio-Bend, on a l'impression d’être plus en sécurité, de mieux maîtriser la situation. D’ailleurs, certains pilotes ont adopté une potence très relevée spécialement pour pouvoir rester toujours au bas du guidon. C’est dire…

    Ceci étant dit, nous aimerions que les leviers de freins soient un peu plus accessibles et tombent plus naturellement sous les doigts quand on est « en bas ». En l'état, on force un peu pour attraper les pinces du bout des doigts.

    Le positionnement du cintre et des cocottes pose beaucoup de question lors du montage.

     

    Roulage ter et der

    Confortable et ergonomique, le Venture Max n’a pas que des avantages, notamment sur route. De part sa forme singulière qui invite à l’ouverture des coudes, il n'est pas vraiment idéal pour rouler en peloton serré ou prendre le départ d’un cyclo-cross. A moins d’aimer jouer des coudes, mais est-ce encore du vélo ? En outre, sa forme évasée peut aussi jouer des tours au vélotafeur qui a l’habitude de se faufiler entre les voitures. Installé sur les cocottes, en haut du cintre, on peut oublier que le bas, plus large, dépasse un peu (52 cm axe-axe contre 42 cm). Attention à l’entonnoir ! Si l’on excepte ces inconvénients, le Ritchey Venture Max a quand même pas mal d’arguments à faire valoir pour séduire les amateurs de vélo « aventure » et notamment ceux qui découvrent ou ont adopté l’esprit « Gravel ». Confortable pour rouler longtemps sur et hors bitume, il est rassurant quand on s’aventure en dehors des sentiers battus. Son look singulier permet aussi de classer automatiquement le vélo et celui qui l’utilise dans une catégorie de pratique : on sait qu’il ne s’agit ni de cyclocross ou ni de route. Voilà peut-être l’ultime atout de ce cintre : être un signe distinctif ou de reconnaissance pour les adeptes d’une nouvelle façon de concevoir la pratique du vélo.

    Vu de face, le Venture Max et la position des commandes sont assez surprenants.

     

     

    Poids : 290 gr en 42 cm

    Prix : 99,99€

    Existe en version Comp à 49,99€

    Disponible en 5 largeurs : 38, 40, 42, 44 et 46 cm


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