Cannondale SuperSix Evo : monsieur polyvalence

Il est le cadre plébiscité par les coureurs pros d'EF. Nous avons roulé pendant deux mois le SuperSix Evo. Verdict...
Publié le 26/09/2020 08:45 - par
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  • Ce SuperSix Evo présente très bien, rien ne dépasse, sa décoration est sobre et moderne.

     

    Une exception à la gamme 

    Cannondale utilise deux niveaux de carbone pour ses cadres. Le premier (celui qui équipe notre vélo) se nomme BallisTec, le second Hi-MOD est plus prestigieux. La différence de poids entre un ensemble cadre / fourche Hi-MOD et un Ballistec est de 176 grammes, ce qui n'est pas beaucoup. Notre modèle de test se place dans la gamme comme le plus onéreux des SuperSix Evo BallisTec. En taille 54, le cadre pèse 981 grammes, le vélo complet a été pesé par nos soins à 8180 grammes (sans pédales, en montage Tube Type et avec un porte-bidon). On pouvait s'attendre à mieux, eu égard au tarif du vélo (5499 €). On trouve des SuperSix Evo Hi-Mod à des tarifs inférieurs à la gamme. La différence entre notre modèle et le premier Hi-MOD (équipé en Shimano Ultegra et avec les mêmes roues) est importante avec 1000 € de delta. Comment s'explique cet écart ? La présence du groupe Sram électrique sans fil semble en être la principale raison. Notre vélo de test est la seule machine équipée ainsi, c'est l'exception au milieu des groupes Shimano. Il semble que la nouveauté se paie cher. Si avoir le dernier groupe en vogue vous importe peu ou si vous êtes "addict" aux câbles, le bonheur se trouve peut-être parmi les treize autres montages, entre 2299 € à 10 499 €. 

     

    Pour le reste, on retrouve principalement des composants Cannondale avec une paire de roues sympa : les HollowGram 35 Carbon. La jante au profil 35 mm est compatible Tubeless, les rayons sont droits et au nombre de 24 à l'avant et 28 à l'arrière. On a fait examiner les roues par un bon monteur, son retour est très bon. La tension des rayons est bien homogène, le test sur la route nous le confirmera. Seul petit inconvénient, la largeur entre crochet est trop réduite à notre goût avec 19 mm; 21 mm aurait été parfait. Sur la photo de droite, on découvre le Cannondale Sensor, un capteur qui a été co-développé avec Garmin. À l'intérieur se trouve un gyroscope et de quoi envoyer des informations en ANT+ ou en Bluetoolth à un smartphone. En somme, il s'agit d'un ordinateur de bord intégré au vélo, il pourra aider le propriétaire ou le mécanicien pour la maintenance. Grâce au mode de réalité augmenté, en scannant le vélo, on entre vraiment dans les entrailles de la machine. Il peut également servir de "compteur" en cas de panne de votre GPS grâce à une mémoire interne. 

     

    À l'avant le SuperSix Evo est équipé du cockpit SAVE et KNØT SystemBar, déjà présent sur le SystemSix. Une solution "deux pièces" en aluminium qui offre de nombreuses possibilités d'ajustements. Potence et cintre peuvent être choisis en plusieurs tailles et angulations. De plus ces deux composants ne sont pas fixe, il est possible de faire pivoter le cintre par rapport à la potence. L'inclinaison maximale est de 8°. L'intégration n'est pas en reste avec le passage des durites à l'intérieur du cintre et de la potence. Cette dernière épouse parfaitement le cadre grâce à des cales spécifiques. Elles sont flexibles (voir photo en galerie) et s'ouvrent pour permettre de relever le poste de pilotage sans aucune déconnexion. Esthétiquement la solution de Cannondale est un peu moins jolie qu'un vrai combo carbone et forcément plus lourde. Pour le côté pratique, il n'y a pas photo et c'est appréciable. Il faut aussi rappeler qu'il est possible d'installer un ensemble cintre/potence classique sur ce vélo. On y perd bien sûr en esthétique et en intégration. Pour finir sur ce point, un support de GPS vient se fixer à l'avant. Une équipement sympa, mais voilà on le trouve trop orienté vers le ciel. Il casse la ligne du vélo.

     

    Impossible de ne pas décrire en détail un des éléments centraux de ce vélo : son groupe Sram Force eTap AXS. On va plus s'attarder sur ses développements que sur son fonctionnement globale. À l'avant, on retrouve un pédalier en 48/35 et à l'arrière une cassette XG-1270 douze vitesses en 10-33 (10/11/12/13/14/15/17/19/21/24/28/33). Des développements encore peu courants sur route, pour notre part nous avons l'habitude de rouler en compact 50/34 avec une cassette onze vitesses de 11-25. Pour être précis, il faut rappeler que l'installation de la cassette Sram XG-1270 réclame un corps de roue libre spécifique, plus précisément de type XDR. On a souvent tendance à l'oublier lorsque le groupe est déjà monté sur le vélo. Qu'est-ce qu'on peut faire avec ce genre de développements ? Ou plutôt qu'est-ce qu'on ne peut pas faire... On ne peut donc pas rouler, dossard épinglé sur un critérium avec ce genre de groupe. Si vous êtes dans une région plate comme la paume de la main, là aussi cela sera compliqué d'en profiter à fond. Pour tout le reste, c'est un régal. Montagne, moyenne montagne, parcours accidenté, cela s'enroule à merveille. On a beaucoup utilisé le plateau de 48 en croisant parfois la chaîne, on aime la grande tolérance des développements. On n'est jamais piégé à trop emmener, on garde une bonne vélocité même au fil des heures. L'économie énergétique est réelle. Dans les longues bosses, on a passé beaucoup de temps en 35x24 ou 35x28 dans des pourcentages au-delà des 6 à 7 %. Le grand pignon de 33 dents est resté en réserve, toujours là en cas de gros pourcentages ou en cas de fatigue (la cassette Sram existe également en 10-36 pour une utilisation encore plus extrême). Avec ce genre de groupe et un freinage disque, on a vraiment de quoi apprécier partout un vélo comme le SuperSix Evo. Peu importe le défi à relever, ce Cannon' permettra à son pilote d'y parvenir dans les meilleures conditions. Pas de question à se poser, ce groupe est vraiment un atout pour les amoureux du vélo et les baroudeurs au long cours. On adore rouler en mono même sur route mais le double plateau a encore vraiment son sens lorsqu'on cherche la polyvalence absolue. 

     

    Une montée de Causse en soirée pour une séance photos, c'est l'occasion de grimper à la fraîche. 

     

    Nos sensations sur la route 

    De la région parisienne à la Camargue en passant par les grands Causses d'Aveyron et les Vosges, nous avons roulé ce SuperSix Evo durant deux mois. Des terrains très différents où nous avons pu le mettre à l'épreuve. Le vélo est arrivé à la rédaction en 54, nous faisons 1m78 donc nous sommes dans la fourchette préconisée par Cannondale (54 cm = 1.70 m --> 180 m). La taille est bonne pour nous avec une potence en 100 mm, par contre on voit mal un cycliste de 1.70 m sur ce vélo. Le SuperSix Evo est un grand 54 cm, il est long avec un top tube horizontal de 54,6 cm. Dessus, la position est sportive sans être extrême, la présence d'un grand nombre de cales est possible sous la potence pour un ajustement précis. Un utilisateur sportif lambda comme un professionnel d'EF Education First y trouvera facilement sa position. On peut donc rouler sur un vélo de "Pro" sans avoir à se casser le dos. Le SuperSix Evo est d'ailleurs la monture favorite des coureurs d'EF, il est majoritairement préféré au modèle aéro, le SystemSix. C'est un signe de la bonne polyvalence de ce vélo, notre test nous l'a également enseigné. Dans cette configuration, ce Cannon' est un super rouleur et un bon grimpeur au train. On peut vraiment rouler vite sur le plat même avec ces braquets atypiques, on adore pouvoir rester sur le 48 même à l'approche d'une difficulté. Mains en bas avec du braquet, le vélo avale bien les petits toboggans et s'il faut remonter une vitesse pour basculer il est facile de le faire même lorsqu'on force. On s'est peu posé cette question : "Je tombe la plaque ou pas ?". Le groupe Sram Force eTap AXS va à merveille avec le caractère baroudeur du Cannon'. 

    On a apprécié son comportement très sain dans les descentes même techniques. Nous avons bien sûr des critiques et des remarques sur ce vélo. On revient sur son poids relativement élevé, sur la route, en mouvement, la majorité du temps ce n'est pas pénalisant. Par contre, on sent un désavantage lors des changements de rythmes en côte. Notre SuperSix Evo n'excelle pas dans le domaine. On aimerait bien l'essayer au poids UCI (6,8 kg) que doivent rouler les coureurs d'EF. À ce poids, le SuperSix Evo aura sans nul doute plus de pep's. 

     

    En descente, le vélo est impressionnant, on a parfois pris peur en bloquant la roue arrière sur des gros freinages. La largeur des pneus (25 mm) n'aide pas pour le bon dosage du très puissant freinage Sram. L'une des améliorations que nous ferions sur ce vélo, c'est le passage en Tubeless avec des pneus plus larges. Un pneu performance (pourquoi pas le nouveau pneu Enve) en 28 mm lui ira comme un gant, c'est aussi une façon de gagner un peu de poids. 

     

    Pour conclure, ce SuperSix Evo nous a séduits par sa polyvalence. Cohérent dans tous les domaines, il fait assurément partie des meilleurs vélos à tout faire du marché. Nous sommes curieux de consulter les choix d'équipements pour la prochaine gamme. Renseignement pris, la gamme 2021 sera dévoilée début octobre. Pas d'information pour le moment sur le ou les modèles équipés en Sram AXS.

     

     

    Tenue du testeur : 

     


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