Essai : Cannondale SuperX Force1 SE

Le Superbike version hors-piste.
Publié le 23/10/2017 16:17 - par
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    À la croisée du cyclo-cross et du Gravel...

    Pour le néophyte, la différence entre un vélo de Gravel et un vélo de cyclo-cross peut être subtile...

    Ce SuperX Force1 SE, (Special Edition) brouille encore les pistes en fleuretant un peu avec les deux pratiques. Avec une filiation directe à la gamme cyclo-cross Cannondale, il est équipé du même cadre haut de gamme en carbone, qui brille sur les coupes du monde. Et comme les cyclo-cross Cannondale ont une géométrie "moderne", c'est à dire plus américaine que belge, avec de l'angle et un boitier bas, et bien, la différence avec un "pur" Gravel est d'autant plus mince. Ce SE se distingue par contre d'un cross "de course" par l'adoption d'un braquet plus ample, et de pneus plus généreux. Des ajustements mineurs mais suffisants à élargir notablement son champ d'action.

    Nous avions adoré le Slate, positionné 100% Gravel, et cette nouvelle proposition, à la fois techniquement très différente, mais finalement destinée à un usage proche ne pouvait qu'attiser notre curiosité, d'autant que le ramage est sacrement attrayant lui aussi.

     

     

    Fiche technique

    Côté cadre, il a tout ! Montage des disques en flatmount, axes traversants (diamètre 12 à l'avant comme à l'arrière), deux porte bidons, câblage mécanique ou électrique interne, mono ou double (avec patte de dérailleur avant amovible), axe de roue arrière vissé dans la patte de dérailleur, roulements intégrés, tige de selle maison en 25,4mm, dégagement pour pneus de 40mm, serrage de selle invisible....bref sur le papier il est pratiquement impossible d'ajouter une seule option.

    Pour les équipements, c'est à la fois simple (groupe Sram Force / CX1 au complet) et efficace, bien complété par des pièces maisons. Si certaines  n'appellent à aucun commentaire particulier (cintre, potence), d'autres apportent un supplément de style et d'efficacité remarquables : la tige de selle carbone "Save" en 25.4mm qui apporte un surcroît de confort, le pédalier usiné SISL (un des plus léger au monde) et la confortable selle Fabric. Il en ressort une impression globale très soignée.

    Le train roulant est confié à WTB. Les jantes sont des KOM i23, un modèle de la gamme VTT particulièrement robuste. Les pneus, aussi des WTB, sont les Riddler pourvus de mini-crampons...badgés en 37mm, ils présentent ici une confortable section de 39mm, grâce aux 23mm de largeur interne des jantes, le tout prêt à passer en Tubeless.

     

     

    Échauffement sur la route

    Avant même d'aborder les chemins, un petit passage sur la route nous confirme la géométrie très réussie, légèrement plus "sport" que celle du Slate, même si le contact au sol se fait sur les mêmes angles. Deuxième "surprise", bien qu'on s'y attendait quand même un peu, le cadre rend vraiment bien ! euphémisme !! Même sur le goudron avec ses roues "de VTT" et ses  pneus à crampons,  la dynamique est impressionnante ! au train ou en danseuse, le SuperX est toujours prêt à bondir. D'autres sorties en gros pneus slicks, nous ont permis d'isoler l'inertie des jantes de la très bonne dynamique des pneus WTB...Mais malgré ça, nous avons pratiquement égalé des PR établis avec des vélos de route presque deux kilos plus légers. Bref, ce vélo est une arme mais une arme désopilante de facilité. Pas le genre à n'avancer que dans la douleur, au contraire, le cadre est, au moins musculairement, accessible au plus grand nombre.

     

     

    Festival d'automne dans les chemins

    Le super X ne perd rien de sa fougue quand il quitte l'asphalte, bien au contraire : le châssis traverse les zones défoncées sans s'émouvoir, et surtout sans perdre de vitesse. Le cadre travaille à la perfection et assure confort et contact permanent avec le sol. La fourche est notamment remarquable, à la fois confortable, tout en encaissant sans aucune vibration les freinages les plus appuyés. Chaussé de ses gros pneus, le SuperX, permet d'emprunter des chemins nettement plus accidentés qu'un train de pneumatique cyclo-cross réglementaire, et sa cassette 11-36 est parfaitement adaptée à ce programme étendu. Dans les montées à l'adhérence précaire, le pilote doit tout de même veiller à s'appliquer à garder l'arrière au contact du sol : pour nous qui ne courrons pas en coupe du monde, un tout petit peu plus de flex latéral de l'arrière ne nous aurait pas pénalisé. En revanche cette dynamique associée aux bases courtes (420mm, malgré un passage de pneu prévu jusqu'à 40mm+), n'a aucune incidence sur le confort, une sensation qui ne quitte jamais le SuperX, quelque soit la taille de pneu ou la pression utilisée. Bref bien calé dans la selle, le chaos ne vient pas perturber le pédalage.

     

     

    Après quelques sorties, nous nous habituons, à nouveau, aux freins hydrauliques Sram CX1. Durant notre test, ils sont restés constants et parfaitement silencieux. Si nous trouvons toujours qu'ils manquent de mordant, notamment à haute vitesse sur terrain sec, c'est un vrai atout en cyclo-cross, particulièrement en terrain gras, où ils permettront un dosage optimal. Seul désagrément, le passage de durite interne, mais non guidé (légèreté oblige),  résonnent bruyamment quand ça "chahutte".

    L'ensemble des composants fonctionne à merveille. Le plateau en 40 s'avère un très bon compromis. Idéal pour l'entrainement avec une cassette 11-36, il sera parfait en course avec une 11-32 ou 11-28. Seules les roues nous laissent perplexes. Si leur qualité n'est pas en remise en question, elles nous paraissent un peu surdimensionnées pour l'usage. Cela étant le volume et la confiance gagnés par leur largeur exceptionnelle (23mm interne), et la qualité d'amorti des pneus WTB nous ont poussés à quitter les chemins pour aborder des vrais singles et repousser clairement les limites que nous pensions raisonnables pour ce type de vélo !

     

     

    L'autre gros point fort du SuperX est sa géométrie, clairement inspirée du VTT, avec un angle de direction de 71°. Si elle diffère nettement de la géométrie traditionnelle, elle est particulièrement adaptée aux parcours les plus techniques, et apportent évidemment stabilité à haute vitesse, assurance dans les descentes raides, et surtout précision et lecture de trajectoire y compris à très faible vitesse.

    En résumé, le SuperX distille des sensations des meilleurs vélos de route au pédalage, tout en ayant la précision et la stabilité d'un VTT dans le technique. Incontestablement c'est l'un des tout meilleurs vélos au monde dans sa (ses) discipline(s). Le plus bluffant est la facilité avec laquelle il se laisse apprivoiser !

     

     

    Comparé au Slate..

    Bien sûr la question se pose naturellement aux aficionados de la marque !

    et bien pas d'hésitations ! Ayant justement déjà essayé de Slate en 2016, nous pouvons confirmer que si les deux vélos sont bien destinés au même programme, ils ne sont pas destinés au même pilote.

    Sur le papier, le SuperX apporte surtout le carbone et l'économie d'un bon kilo, tandis que le Slate conserve l'avantage d'une suspension hydraulique et les roues de 650b...Et en pratique, les roues font effectivement une grosse différence :  les roues de 650b, restent plus agiles en "gros" pneus (au-dessus de 36-38mm), et le confort supérieur grâce à Lefty Oliver. Le SuperX offre un lui un comportement dynamique du plus haut niveau, dans une interprétation plus dépouillée. La sophistication de son cadre ne fait pas moins appel à une très haute technologie, mais d'une façon moins ostentatoire. Il a aussi pour lui un choix de pneu nettement plus large.

    Mais si nous devions résumer en une comparaison automobile, un tout petit peu hasardeuse...le Slate serait un baroudeur façon pick-up Toyota, tandis que le SuperX est conçu pour affronter le chrono, plutôt façon Subaru Impreza.

     

     

    Alors pour qui le SuperX SE.....?

    Si le SuperX SE diffère finalement assez peu des autres SuperX, c'est qu'il est aussi probablement une bonne affaire pour le coureur de cyclo-cross. Pour le coureur qui a déjà 1 ou 2 paires de roues à boyaux, le SE offre une plateforme prête à courir et une paire de roues d'entraînement à toute épreuve.

    Et pour ceux qui ne roulent pas en cyclo-cross....le SE rentre de plein pied dans la catégorie, très restreinte, des superbikes de Gravel...il rejoint ainsi le club très fermé des 3T Exploro, One-Up et Santa-Cruz Stigmata dans cette catégorie qui peut tout faire très vite.

    Il y ajoute une esthétique lumineuse, et la légitimité d'un vélo qui fait actuellement ses preuves au plus haut niveau...De sérieux atouts !


    Les +

    Specs et performances du cadre exceptionnelles

    Dynamique de vélo de route, Aisance de VTT (!)

    Géométrie parfaite

    Facilité

     

    Les -

    Roues "sur-dimensionnées"

    Passage de durite interne bruyant

     

    Poids VdR : 8,2 Kg en taille L et montage Chambres à Air

    Prix : 3899€

    Site Cannondale

     

     

     

     

     


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