Pneus WTB Riddler et ByWay, performants, mais fragiles

Nous avons testé deux pneumatiques Gravel de la gamme de la marque américaine WTB qui en compte sept destinés à cet usage. Une belle découverte.
Publié le 31/01/2020 10:00 - par
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  • WTB (Wilderness Trail Bike) est une marque historique qui dispose d’un long passé dans le VTT depuis 1982. De pionnière sur un marché de niche, elle est devenue une marque qui compte sur le marché sans éclats marketing ni innovation majeur. Plutôt discrète, WTB n’a jamais renié ses origines et s’est attachée à proposer des produits bien pensés qui répondent aux besoins des pratiquants sans esbroufe, en suivant les modes et évolutions de pratique. A presque 40 ans, la firme de Mill Valley en Californie reste appréciée sur les segments de produits où elle est active : les selles, les jantes, les pneus, les grips et quelques fringues, avec un catalogue humble, mais efficace.

    WTB jouit d'une longue expérience des pneumatiques VTT que la firme californienne met aussi logiquement au service du Gravel

    Si le pedigree tout-terrain de WTB est fortement marqué, vous ne serez pas surpris d’apprendre que la marque est aussi désormais très active sur le Gravel, tendance qui correspond bien à l’esprit maison. Dans l’offre pneumatique, nous avons choisi de mettre à l’épreuve deux modèles différents les Riddler et les ByWay. Si deux finitions flancs clair ou noir et plusieurs tailles sont disponibles, 37 et 45 en 700c pour le Riddler, 47 en 650b, 34 et 40 en 700c pour le ByWay, WTB ne propose qu’une seule carcasse TCS tubules Ready à tringles souples et monopli 60 TPI. Les Riddler présentent un profil cramponné sur toute la bande de roulement qui laisse augurer une grande polyvalence entre goudron et terre. Les ByWay semblent plus orientés bitume et piste sèche avec une large bande de roulement « slick » dépourvue de crampons.

    Nous avons testé les deux montes en mode tubuless sur presque 1000 km chaque, en mixant routes propres et dégradées, pistes forestières et sentiers tout-terrain. Voilà nos conclusions…

    Notez que les deux modèles se sont révélés relativement faciles à monter sur les roues Gravel DT Swiss GRC 1400 Spline, moins que des Hutchinson Overide, mais plus que des Maxxis Refuse par exemple.

    Ils sont également faciles à mettre en pression avec une pompe d’atelier classique même si nous avons dû recourir à un modèle à réservoir d’air (Var Tool Magnum Air Force) pour les ByWay. Enfin, ces deux modèles WTB ont révélé une honorable résistance à l'usure à l'issue de l'essai, les reliefs étant restés francs et fonctionnels en dépit d'une utilisation sans ménagement et de freinages d'urgence parfois destructeurs.

     

    Riddler, une vraie polyvalence

    Nous avons pesé nos Riddler en taille 700cx37 respectivement 452 gr et 447 gr (450 gr en moyenne). C’est très raisonnable pour un pneumatique de cette section avec un profil qui reste cramponné même si les pavés sont ras sur la partie centrale du profil. A l’usage, nous avons roulé avec une pression de 3 à 3,5 bars et la carcasse 60 TPI se révèle assez souple conférant confort et adhérence, quel que soit le sol. La tenue sur sol lisse et mouillé est sécurisante. On sent la limite d’accroche et on peut gérer facilement jusqu’où on peut prendre de l’angle.

    Le Riddler est plus roulant qu'il n'y paraît et procure un comportement sain en toutes circonstances

    La motricité est toujours bonne et pour autant la résistance au roulage sur sol dur n’est pas trop sensible. On ne ressent pas de perte d’énergie au pédalage, les reliefs ne se montrent pas gourmands en énergie et on ne sent pas de vibrations désagréables dans le guidon. Sur sol plus meuble, la terre ou les graviers, les sensations sont également saines et l’adhérence lisible même si les Riddler avouent leur limite sur sol boueux et glissant.

    Les petits crampons centraux assurent l'adhérence sur toutes les surfaces sans pénaliser le rendement

    Il faut alors calmer ses ardeurs et modérer sa vitesse dans les virages pour garder le contrôle. Nous ne sommes pas en présence de pneumatiques VTT, il ne faut pas espérer de miracle. D’ailleurs, pas de miracle non plus en termes de résistance à la crevaison. Nous avons rapidement crevé par la faute d’un petit éclat de silex comme on en rencontre beaucoup dès que l’on s’écarte du goudron et qui a rapidement transpercé la chape et la carcasse… On s’est ensuite rendu compte que la chape présentait d’autres petites coupures et que certaines laissaient apparaître une trace humide témoignant que le préventif anti crevaison avait agi.

    Une "patate" formée par la mèche de réparation où un petit silex a provoqué une crevaison

     

    ByWay 34, gros rouleur

    Sur la balance, nos ByWay 34 affichent 392 et 414 gr, soit 403 gr de poids moyens. Notez que WTB est réglo sur l’annonce du poids de ses pneumatiques sur son site puisqu’ils sont très proches de ceux constatés. Nous avons roulé avec les mêmes pressions que pour les Riddler, c’est à dire entre 3 à 3,5 bars, parfois moins. Le comportement du pneumatique est là aussi très sain et facile à gérer. La déformation de la carcasse permet d’avoir une adhérence progressive quand on prend de l’angle que ce soit sur sol dur ou sur sol plus mou.

    Moins à l'aise hors route que le Riddler, le ByWay 34 n'en demeure pas moins excellent pour filer sur les pistes sèches


    Le profil progressif avec des reliefs de plus en plus prononcés à mesure que l’on passe sur le bord de la chape offre un comportement aussi agréable sur sol dur et sec que sur sol meuble. L’accroche sur sol humide est plus aléatoire et il arrive que ça glisse un peu au freinage ou dans les appuis. Rien de vraiment pénalisant, mais il faut gérer la vitesse avec laquelle on arrive dans les courbes. En termes de rendement en revanche, le ByWay 34 est très convaincant. Ça file sans sensation de résistance au roulement, sans bruit ni vibrations, comme avec un pneu de route classique.

    Le profil du ByWay rappelle ceux des premier "Slick" utilisés dans les années 90 sur certains VTT XC pour les courses très roulantes

    Les reliefs de la chape du ByWay sont progressivement plus agressifs à mesure que l'on s'éloigne du centre de la bande roulement. Un design qui favorise le roulement tout en conservant des propriétés d'accroche correctes hors du bitume.

    À l’instar du Riddler, on regrette là aussi une résistance à la crevaison perfectible. Avec le ByWay 34, il n’aura pas fallu longtemps pour qu’un petit éclat de verre libère l’air et une partie du liquide préventif contenu dans le pneumatique avant.

    Bien coupée au raz de la chape, la mèche de réparation ne perturbe pas le comportement du ByWay

     

    Epilogue

    Les pneumatiques Gravel WTB ne manquent pas d’atouts dont un poids compétitif et un comportement sain et performant en toutes circonstances. On peut en revanche constater et regretter une faible résistance à la crevaison à laquelle la carcasse monopli n’est probablement pas étrangère. Mieux vaut donc les destiner à une utilisation sur sol « propre », de choisir un préventif de qualité et d’avoir toujours des mèches de réparation sur soi.


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  • 1 Commentaire


    avatar  Publié le 2020-02-16 14:06:42 par marc3po

    Bonjour Sebastien
    Merci pour ton essai .
    Á ton avis ils sont plus ou moins résistants que des Compass (Rene Herse) .
    Merci
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