Léon GraAll : entre-deux ou touche-à-tout

Vélo de route endurance ou Gravel sportif, la frontière devient de plus en plus mince. Surtout lorsque le trublion Léon sort un nouveau cadre au nom évocateur : le GraAll. On l'a testé.
Publié le 29/01/2020 09:03 - par
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  • Lorsque l'on contracte "Gravel" et "Allroad", on obtient : "GraAll"...

     

    Le dernier-né de la gamme Léon nous a été confié pour un test en fin d'année. Entre les huîtres et le foie gras, nous avons roulé en GraAll durant un mois avec quelques escapades dans le Luberon et sorties sportives en Île-de-France. Avant de parler du comportement du vélo, on peut s'attarder un instant sur l'étymologie de son nom. Il s'agit de la contraction de Gravel et Allroad; selon David Robert, le boss de Leon, ce cadre est prévu pour évoluer à 20% sur sentiers et à 80% sur asphalte.

    Pour le reste, la marque vosgienne reprend sa recette qui semble être au goût de plus en plus de cyclistes. Du titane 3/2.5 double épaisseur pour les tubes, une géométrie sur mesure sans surcoût (principalement sur les longueurs de tubes, les angles peuvent être aussi modifiés, mais légèrement pour respecter les spécificités du GraAll et ses applications terrains) et le choix entre un cadre nu, un kit-cadre + fourche ou un montage complet à la carte. Les tarifs restent placés pour ce genre de prestations avec 1700 € le cadre nu et 240 € supplémentaires pour une fourche Léon carbone.

    Pour les standards, là aussi le choix est large comme pour la douille de direction qui peut être conique, droite ou en 44 mm comme sur le modèle que nous avons reçu. Un format qui a notre préférence car il permet de monter toutes les fourches possibles tout en apportant de la rigidité à l'avant. En revanche, la fixation de l'étrier de frein arrière sera toujours en Flatmount (notre modèle de test est certes lui en Postmount) et la tige de selle est au diamètre unique de 31.6 mm. Si vous pesez sous les 80 kg, il est conseillé de monter une 27.2 mm avec un réducteur (le modèle Cane Creek semble faire l'unanimité). Le principe étant de trouver grâce à cette manipulation un peu de "flex" pour plus de confort.

     

    Le GraAll a une bonne gueule, à la fois classique comme souvent avec le titane et intrigant avec son architecture très originale à l'arrière.

     

    Le triangle arrière peut être considéré comme le cœur du GraAll. Il est unique et attire plus l'oeil que l'avant du vélo. On observe donc un triple triangle à la jonction entre le tube supérieur, le tube de selle et les haubans. Le tube de selle, cintré à sa base, est très redressé (75.5°). Quant aux haubans, ils s'affinent en leur centre (pas forcement évident à montrer en photo mais c'est assez flagrant au toucher) pour seconder une atypique plaque de titane placée plus bas ...

     

    Cette plaque de titane usinée fait le lien entre le boîtier de pédalier et les bases du vélo. Elle a une épaisseur d'environ un centimètre. Cette belle pièce est présente pour plusieurs raisons. Cela permet d'obtenir des bases courtes de 405 mm (pour vous donner une référence, on a souvent des bases en 420 mm sur un route "traditionnel"), d'optimiser la rigidité latérale tout en permettant un peu de flexion verticale. Grâce à cette pièce, on peut vraiment installer de gros pneus, la marque annonce jusqu'à 42 mm. Sur notre modèle, nous avions déjà du volume avec les Continental GP5000 en 32 mm.

     

    Notre avis

    Le GraAll a parfaitement rempli son contrat, c'est un véritable vélo de route moderne. Performant, rapide, sa géométrie convient parfaitement aux vététistes que nous sommes. On sent assez rapidement l'apport de ce tube de selle redressé qui place le pilote très en avant. On est bien positionné pour rouler longtemps à son guidon, la douille de direction assez haute avec 160 mm ne nous a pas gênés plus que cela. C'était une de nos craintes avant l'essai, mais on s'habitue finalement à son confort. Le confort est justement l'un des points forts du Léon, le vélo se montre bluffant surtout sur les routes au mauvais revetement. Idem sur les longues sorties, on arrive frais sans mal au dos.

    Le rendement tout comme le dynamisme sont bons par ailleurs. Le vélo part pourtant avec un petit handicap du côté de la balance, il affiche 8,270 Kg (sans pédales). Le montage est déjà haut de gamme avec une addition à 4630 €. Pourtant, le vélo fait le poids par rapport à un pur route un kilogramme plus léger. Bien dynamique à la relance, le Léon se défend et conviendra même aux plus sportifs. La conception du triangle arrière y est pour beaucoup, les bases courtes, la plaque entre le boîtier et les bases ainsi que le triple triangle font leur effet. Le titane est bien sublimé sur ce vélo, toujours confortable mais avec un zeste de performance en plus. Léon a trouvé le bon dosage une nouvelle fois, dépoussiérant le titane et les codes du vélo aux cintres courbés. 

    Le GraAll est moderne et répond aux attentes de cyclistes aux profils différents, un routier touche à tout qui se défend également dans les sentiers.

    Le GraAll propose de bonnes prestations routières sans égaler toutefois un pur vélo de route à 7 kg. Il faut donc être prêt à sacrifier quelques km/h sur un parcours roulant. Le plaisir viendra soit côté pilotage comme ici dans une belle épingle soit lors des longues sorties au delà des trois heures.

    Notre vélo de test est arrivé particulièrement bien équipé, on pense évidemment aux roues carbone Duke World Runner en 700C. Un modèle polyvalent prévu pour le Gravel et le Cyclocross, ici on profite d'un bon dynamisme grâce à une hauteur de 27.5 mm. La largeur interne entre crochets de 22.5 mm permet d'accueillir parfaitement les pneus Continental en 32 mm. En terme de moyeux, ici on retrouve un basique et efficace DT Swiss 350. Une bonne base qui affiche environ 1400 € chez Duke. Il nous apparaît important d'équiper le GraAll avec des roues de cette valeur. Elles permettent de profiter des qualités du cadre tout en conservant un poids global contenu.

    Le GraAll peut se rouler en force, le vélo retransmet bien l'énergie appliquée par le cycliste. Le montage que nous avons reçu était équipé d'un monoplateau en 44 dents ovale, une configuration qui permet une belle polyvalence sans être trop exclusive.

     

    Concernant les aptitudes du GraAll dans les sentiers, elles sont réelles. Il est appréciable de rentrer sur une piste sans appréhension, on a pris quelques précautions tout de même, car notre montage n'était pas chaussé de pneus à crampons. Les Continental GP5000 en 32 mm permettent de rouler vite en tout-terrain, un montage Tubeless est bien sûr primordial pour cela. Attention, le confort est néanmoins assez spartiate et il faut éviter les zones trop rocailleuses ou boueuses. Le GraAll est compatible avec des pneus en largeur 42 mm, de quoi rendre encore plus à l'aise le vélo sur ce genre de terrain. Une chose est sure, le vélo que nous avons reçu permet d'avoir un Gravel sportif et endurant, il sera performant en comparaison avec un cadre carbone 100% prévu Gravel dans une grande majorité de situations. En ce qui concerne le positionnement du curseur entre chemin et route, on affinerait bien à 30/70. Même si le vélo nous a séduits par son comportement routier, c'est hors route qu'il nous a le plus bluffés.

    Petit détour sur les pistes du Sud de la France avec le GraAll, le vélo se comporte bien dans ce genre de situation. Attention, si le terrain devient plus cassant, le pilote se voit obligé de mettre la pédale douce. Pour un pur Gravel, Léon propose son LaRage qui sera lui plus armé pour rouler vite sur les plus mauvaises pistes. 

    Lien web cycles-leon.com

     


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