Exclusivité : Cervelo Aspero le Gravel race

Nous revenons d’Écosse où nous avons eu la chance de rouler le tout premier Gravel de Cervélo. Deux jours de ride, 150 km de Gravel, quelques bonnes rincées, à l’eau comme au Whiskey et surtout... un vélo ex-plo-sif !
Publié le 18/07/2019 06:00 - par
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  • Into the Wild... L'Écosse est l'eldorado du Gravel ! (photo Gruber Images)

    Texte et Photos Nico Joly, sauf mention

    Il fallait s’y attendre…  Après 10 ans d’évolution constante, le Gravel explose réellement en Amérique du Nord. Jusqu’à représenter en 2018, 80% des ventes « route », en tous cas dans le réseau des détaillants Cervélo.

    Il n’en fallait pas plus pour que le grand précurseur du vélo aérodynamique s’attaque à un nouveau challenge. Mais attention, le marché US est clairement drivé par l’engouement pour les grandes courses de 100 ou 200 miles. Le segment « adventure / bikepacking » est également réel, mais les chiffres d’engagements sur les courses montrent pourtant que la « masse » se trouve néanmoins plus derrière une plaque de cadre, que derrière une sacoche.

    Cervelo se lance donc dans un marché Gravel « mature », mais surtout à un moment clé, ou la demande est parfaitement en phase avec l’ADN Cervelo. Ainsi Cervelo n’a pas eu à faire le grand écart avec le reste de sa gamme, mais au contraire, propose légitimement un « gravel race bike » qui ne dépareille pas de la philosophie Cervelo.

    Ainsi les clients Cervelo (souvent fidèles), peuvent se dire qu’ils ont bien fait d’attendre, car ils vont pouvoir enfourcher un vélo sans compromis, conçu pour le Gravel… à vive allure !

    L'Aspero, l'Écosse... une rencontre inévitable (photo N. JOLY)

    L’Écosse…

    Pourquoi les canadiens de Cervelo nous invités à tester cette monture en Écosse? Si la destination peut sembler incongrue, elle prend tout son sens une fois qu’on s’aperçoit de la densité de routes de campagne, goudronnées ou pas, de chemins, et de pistes cyclables qui parcourent l’Écosse… Si pour l’heure nous nous concentrerons sur le vélo, notre trip itinérant à travers loch, landes et forêts primaires ne tardera pas à suivre, car l’endroit est en passe de devenir une Mecque du Gravel européen, et aussi le terrain de courses, dont la fameuse Grinduro.

    Les premiers mètres de deux jours d'exploration : nous publierons la suite de cette aventure très prochainement ! (photo N. JOLY)

    Un brief sans ambiguïté : voici un « Gravel Race Bike » !

    Avant de rouler, passage obligé par le brief de présentation.

    Dès le premier coup d’oeil, l’Aspero, c’est son nom, ne dépareille pas de la famille Cervelo. Bien qu’équipé de gros pneus de 40 mm réglementaires, les lignes, l’intégration, et l’esthétique ont tout d’un Cervélo : tendu, musculeux, aérodynamique… ce vélo respire la sportivité. En fait la vraie rupture avec les codes Cervelo se situe dans un coloris audacieux, et un branding beaucoup plus discret que d’habitude… sûrement la note « nature » que de nombreuses marques ont adopté cette année.

    Tendu, musculeux, aérodynamique…l'Aspero respire la sportivité (photo N. JOLY)

    Les points clés :

    Géométrie routière et forward geometry
    C’est pratiquement une obsession de l’équipe d’ingénieur. C’était vrai sur les routes, cela reste vrai sur le Gravel. L’équipe s’est attaché à obtenir la même valeur de chasse sur toutes les tailles, et surtout à garder celle-ci, non pas identique, mais en ligne avec celle des vélos de route.

    Dans ce domaine Cervelo ce différencie donc nettement de la concurrence, et ne s’inspire pas des géométries « VTT » que beaucoup ont adopté. Au contraire, avec un angle de direction de 72°, et une chasse de 60 mm (en pneus de 40 mm), Cervelo entend donner à l’Aspero une agilité tout à fait similaire à celle d’un route.

    Afin de toutefois « compenser » cet angle de direction plutôt raide, l’Aspero a conservé l’empattement nécessaire à sa stabilité par un allongement de son top tube, et un raccourcissement équivalent de potence. En pratique, cet allongement d’environ 10 mm est assez timide, mais là encore, tout est affaire d’équilibre et subtilité.

    Fourche à insert, et option 650B
    Bien entendu, l’option roue de 650B n’a pas été exclue. Mais comme il ne suffit pas d’avoir la place pour des roues différentes pour que le vélo soit adapté à ces roues, Cervelo a également équipée sa fourche d’un insert réversible (façon Rondo), permettant d’ajuster le déport de fourche. Une fois encore, le but étant d’offrir un comportement constant, si le parcours nécessite le plus gros volume des roues en 650B (Pneus jusqu’en 49 mm réels).

    L'insert en position avancée est destinée aux pneus de 700 x 40 mm, tandis que la position basse est idéale pour la monte 650B x 47 mm, ou les "petits" pneus route de 700 x 33 mm et moins.

    Des bases courtes… et symétriques !
    Cervelo n’a pas retenu la solution des bases asymétriques. Grace à son standard historique « BBright » utilisant les roulement internes, le cadre est suffisamment large en périmétrie, pour offrir un passage pour pneu de 42 mm, sans « affaiblir » la zone par le design asymétrique, et conserver des bases très courtes pour la catégorie (420 mm)


    Pour le reste, le cadre reprend tous les éléments de référence actuel :
    des haubans abaissés qui conjuguent confort et aérodynamisme.
    une surface frontale réduite
    une intégration soignée mais pas « maximale », puisqu’on retrouve un collier de selle traditionnel, et un ensemble cintre-potence classique, plus propice aux réglages.

    Là où l’Aspero se différencie nettement de ses concurrents, c’est par son parti-pris racé et sans « compromis » : ici pas d’inserts pour garde-boue ou « anything-cages ». Il reste l’essentiel pour une longue course de Gravel : un troisième porte bidon sous le down-tube (par dessus la protection plastique de cette zone critique), et un autre jeu d’inserts sous un cache, permettant l’installation d’une sacoche aéro derrière la potence (une « Bento Box » en langage triathlète), mais Cervelo n’ira pas plus loin, l’Aspero n’est pas un vélo de camping !

    Même s'il n'est pas revendiqué, l'ADN aéro coule dans les veines de l'Aspero  (photo N. JOLY)

    Notre version de test : l’ Aspero Disc Force etap AXS… soit le plus haut de la gamme !

    Difficile de lui trouver un reproche. Montage etap AXS au complet en monoplateau (36 dents). Périphériques Easton avec un cintre « Adventure » (évasé), le seul choix étonnant, car si le cintre évasé est la norme « confort » en bikepacking, il est rarement présent sur les vélos qui atteignent les podiums, car pénalisant d’un point de vue aéro.

    Les nouvelles roues DT Swiss GRC 1650 Disc complètent parfaitement le cadre. Elles sont à la fois aérodynamiques (hauteur 42 mm), très larges (avec 24 mm interne / 33 mm externe) et légères, ce qui est le meilleur compromis actuel pour le montage de pneus volumineux.

    Les lignes épurées de l’Aspero

    ...et la superbe peinture "Mid Olive / Dune"

    Chemin faisant…
    Après un court transfert pour sortir du trafic nous voici sur une crête battue par les vents et la pluie. La « route » est magnifique et se transforme rapidement en Gravel road, puis tourne même au singletrack parsemé de racines mouillées… nous y sommes ! Je dégonfle mes pneus… en recherche de grip.

    Pour ces évolutions techniques à basse vitesse, la géométrie « routière » n’est pas la plus tolérante, mais à l’image d’un VTT hardtail ultralight, la maniabilité très directe et la vivacité compensent largement les « limites géométriques », tant que l’on ne sort pas trop du programme.


    Nous retrouvons des pistes forestières plus roulantes, jusqu’à devenir de vrais boulevards… au-dessus de 35 km/h l’Aspero prend ses aises. Si le confort est spartiate, la tenue de cap, la réactivité, et globalement l’équilibre à haute vitesse sont impressionnants. A l’image d’un vélo de route « world tour », l’Aspero est un châssis conçu pour les contraintes extrêmes liées à la haute vitesse.

    Pour le boîtier, Cervelo n'a pas eu à chercher très loin : son standard BBright offre déjà tout l'espace nécessaire aux très bons pneus Donnelly X'Plor en 700 x 40 mm. Une fois encore, on voit que l'aérodynamique n'a pas été négligé au niveau du passage de roue arrière. (photo N. JOLY)

    Alors que nous traversons les « Arrochar  Alps », quelques cols viennent révéler le caractère de grimpeur de l’Aspero. Que ce soit au train ou en danseuse, l’Aspero est certainement l’un des meilleurs grimpeurs du peloton Gravel. A nouveau sur des descentes remuantes et caillouteuses nous éprouvons la précision du châssis. En descente de cols sur de larges pistes forestières lisses et très roulantes, une fois encore, l’Aspero impressionne par sa tenue de cap, sa stabilité sur les freinages (notamment ceux d’urgence… fonction « anti-tout-droit » pourrait on dire) et ses relances en danseuse à plus de 50 km/h. La fourche ne bronche pas, sans pour autant « taper »… là encore Cervelo a finement calibré un niveau de confort minimaliste, mais pour autant « satisfaisant », au profit d’une performance maximale.

    L'Aspero est un régal en montée, et les roues GRC 1650 de DT Swiss, s'avèrent un complément idéal à l'Aspero. Malgré leur poids annoncé à 1688 grammes, elles sont l'équivalent des jantes de route en 45 mm. A la fois aéro, larges, confortables, elles sont efficaces dans toutes les situations et respire la solidité. (photo Gruber Images)

    On l’oublierait presque tant il est transparent, mais le groupe Sram AXS etap, en version mono plateau, est clairement le summum actuel en matière de transmission. Les passages de vitesses sont incroyablement rapides, mais surtout fluides, et instinctifs. L’ergonomie des commande tient plus du jeu vidéo que du levier de vélo. Montée main gauche, descente main droite… difficile de faire plus instinctif. La nouvelle cassette 10-33 est d’une progressivité exemplaire… mais de ce côté là il manque clairement une cassette au range plus adapté au Gravel, car pour avoir plus gros on passe directement à la cassette « Eagle » VTT, (en 10-50) et qui par ailleurs, implique un coûteux changement de dérailleur. Les freins sont également en progrès sur la génération précédente, toujours aussi modulables, ils gagnent en mordant, ce qui est réellement positif vu les vitesses atteintes au guidon de l’Aspero.

    Câblage interne et/ou transmission sans fil dégage la ligne du dessus. On aperçoit seulement le cache qui permet de visser une sacoche aérodynamique dédiée au ravitaillement. Dessous, le "tube" diagonal, plutôt "carré" en fait ,est assez large pour complètement cacher le porte-bidon, certainement le secret de la précision de l'Aspero a très haute vitesse. (photo N. JOLY)

    Lors de quelques transitions routières,  à l’exception du bruit des pneus, l’Aspero se comporte comme un très bon vélo de route, sans la lourdeur de maniabilité usuellement ressentie quand on passe de pneus de 25 mm à 40 mm.

    Au terme de 150 kilomètres de Gravel, souvent humide qui plus est, l’Aspero s’est révélé être aussi endurant qu’efficace. Difficile de lui trouver un défaut. Ce n’est clairement pas le vélo idéal pour faire du cyclo-camping, ou flirter avec la frontière du VTT, mais dés lors que la vitesse augmente c’est un vrai bonheur,. Car au-delà du rendement, c'est la tenue du châssis (et du train roulant) qui offre un sentiment de stabilité et de contrôle incroyablement rassurant.

    Un bonheur malin, et accessible aussi : que ce soit pour le tour du samedi matin avant le BBQ, ou gagner le Dirty Kanza, l’Aspero procure des sensations et un niveau de performance tout simplement exceptionnel... Au point qu'on pourrait même ne retenir de l'expérience que son caractère grisant et addictif !

    BILAN : Euphorisant !

    Le parti-pris très sportif de Cervelo s’avère clair et abouti...L’Aspero est un engin exceptionnel d’efficacité, sans aucun doute l’un, sinon le, Gravel le plus efficace que nous ayons testé. Son comportement « routier » ravira les pilotes expérimentés, son dynamisme préfigure certainement l’évolution des vélos et des courses de Gravel, et pour autant, c’est un vélo conciliant avec nos jambes d’amateur. Aussi fun pour une sortie entre pote, qu'efficace sur une course pro, sa capacité à concilier vitesse et contrôle est euphorisante pour tous !

    En un mot, LA nouvelle référence du Gravel de course!

    Épure, intégration... mais surtout équilibre : la fourche est tout particulièrement réussie. Le compromis de confort frontal, de précision latérale et de stabilité au freinage est tout simplement l'un des meilleurs que nous ayons testé. (photo N. JOLY)


    les +

    Châssis calibré pour la vitesse
    Rendement phénoménal
    Comportement Routier
    Groupe etap AXS

    les -

    Cervelo n’y peut rien, mais la cassette Sram 10-33 est particulièrement étriquée


    Tarif : 5 999 €

    Si la cassette 10-33 s'est avérée idéale pour l'Écosse, espérons que Sram complète la gamme AXS d'une cassette 10-42 pour aborder les montagnes hexagonales. (photo N. JOLY)

    Le reste de la gamme

    L’Aspero sera par chance décliné dans deux versions plus abordables, mais toujours sur la base de cet ensemble cadre-fourche phénoménal, et toujours disponibles dans ce magnifique coloris Mid Olive / Dune, ou en Bordeaux.

    Aspero GRX : 3 999€

    C'est la version "de la raison" avec la nouvelle transmission Shimano GRX mécanique. Le pédalier double Easton 47x32 et la cassette 11-34, offre une plage de développement est idéale, complétée par des roues Alu Easton EA70xa

    L'Aspero GRX Double Plateau en Bordeaux

    Aspero  Apex 1 : 2 999€
    Version d'accès, en monoplateau. La transmission Sram Apex 1 en monoplateau de 40 et cassette 11v 11-42 offre un range habituel.

    Il est également disponible en kit-cadre à 2 499€, avec l'option d'une troisième couleur (Gris foncé)

    Le kit-cadre à 2 499€, en Teal (Gris foncé)

     

     

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