Essai : Adris Speedline 9.5, le bolide !

Peu habitués des vélos de contre la montre, c’est avec une grande excitation que nous déballons cet Adris Speedline. Séduits par ses formes futuristes et rectilignes, nous avons hâte de l'enfourcher et nombreuses sont les questions qui nous traversent l’esprit : sera t’il exigeant ? Sera t’il si efficace et si différent de notre vélo de route ? Quels sont les réglages adaptés ? etc…
Publié le 21/06/2019 11:00 - par
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  • Si nous avons choisi de tester un vélo de chrono et plus particulièrement cet Adris, c’est dans le but de toucher du doigt la haute technologie, ainsi que pour nous accompagner sur le dernier mois de préparation d’un Ironman 70.3 (1,9km de natation, 90km de vélo et 21,1km de run, à Calella, au nord de Barcelone). Ce n’est pas le parcours vélo le plus roulant, mais il y a de quoi se faire plaisir avec un bolide de la sorte.

     

    Les premiers pas :

    Lorsque nous le sortons du carton et le regardons de plus près, nous sommes impressionnés par le soin apporté au détail du cadre, des composants et des différents éléments permettant un ultra-aérodynamisme, recherché par les concepteurs de ce bijou :

    - le cadre est très profilé pour fendre au maximum l'air, les passages de roues sont millimétrés, les tubes sont surdimensionnés et la fourche très large, tout cela pour réduire les turbulences. L’angle de tube de selle est bien prononcé alors que la tige de selle et le cintre sont bas.

    - les différentes box (energy, tools et hydratation) s’installent parfaitement et s'intègrent sans dépasser de la machine. L'energy box placée sur le top tube est pratique et suffisamment grande pour y stocker deux barres, une compote et un ou deux gels. La Tool box derrière le tube de la tige de selle peut accepter une à deux chambres à air à valves hautes, une cartouche de CO2 avec l'embout de gonflage et deux démonte-pneus. À l'avant, on retrouve sous les prolongateurs un bidon profilé avec sa pipette pour boire en position de contre la montre. Sa contenance est similaire à un bidon classique de 500ml.

    - l’intégration des composants poussée à son maximum. La tige de selle est totalement profilée et de forme ovale. L'énorme avantage de ce système en plus d'être aérodynamique est que l'on n'a aucun doute sur l'alignement de la selle ! Aussi les étriers de freins sont intégrés tant à l'avant qu'à l'arrière. Sur la fourche, on les découvre tout juste lorsque le bidon de devant est en place. D'ailleurs, le support du bidon profilé vient se poser sur les étriers pour avoir une plus grande stabilité. Quant à ceux de l'arrière, ils sont sous les bases du cadre, derrière le pédalier afin qu'ils n'aient aucune incidence sur les flux d'air.

    - le poste de pilotage est digne d’un avion de combat avec un cintre plat, très fin et large qui permet une très bonne prise en main notamment dans les bosses, lorsque l'on n'est pas posé sur les prolongateurs. Les entretoises pour régler la hauteur des prolongateurs sont fixés directement sur le cintre et sont tout naturellement de forme ovales dans un soucis d'aéro. Les câbles du Di2 sont intégrés et sont quasi invisibles.

    Bref, tout est optimisé pour la performance, alors il va falloir s’employer !

    Avant le premier roulage, nous tentons de régler la hauteur de selle, puis celle du cintre ainsi que son inclinaison, nous peaufinons l’installation des prolongateurs. L'idéal est d'avoir les coudes posés sur les supports et non pas les avant-bras. Nous les réglons légèrement en dessous de la largeur des épaules et nous nous assurons d'avoir les épaules et les coudes à 90°, une fois en position. Puis nous tombons sur les boutons du Di2 ! Un bouton sur chaque prolongateur et un bouton à l’intérieur de chaque « cocotte ». Nous appuyons naïvement sur les quatre bitoniaux, seul le dérailleur arrière bouge. Nous comprendrons par la suite qu’il faut rester appuyer longtemps pour passer le petit ou le gros plateau. Cette version du Di2 est très intéressante car lorsque l’on remonte les dents, jusqu’à l’avant dernier pignon, alors elle passe automatiquement sur le petit plateau et retombe deux dents à l’arrière. Idem lorsque l’on descends des dents, elle repasse gros plateau et automatiquement remonte deux dents. C’est réglé comme du papier à musique et d’un confort notable quelque soit le parcours. 

    Nous allons vite comprendre que ce sont tous ces gains, qui font vraiment la différence et permettent de gagner un temps non négligeable sur chaque sortie. Nous avons un parcours référence : il fait une trentaine de kilomètres, composé d’une succession de faux plats montants et descendants, puis une deuxième partie avec une belle petite bosse de 2 kilomètres qui mène sur un plateau et enfin un finish plutôt roulant. Nous bouclons le parcours de 33km en 1h04 (31km/h de moyenne) avec notre vélo de route, l'avant veille du premier roulage avec l'Adris. En s’employant de la même manière avec le Speedline, nous grattons près de 7 minutes, soit une sortie à plus de 34 de moyenne !

     

    Nous rentrons de cette virée complètement surexcité, « cette machine est diabolique ! », qu’elles en sont les raisons ?

    - La conception du cadre et de ses accessoires. Lorsque l’on regarde le vélo de face, on se rend compte que rien ne dépasse. Un long travail d’ingénierie a permis d’obtenir cette optimisation et cet aérodynamisme de pointe. Cela aide inévitablement à prendre conscience que l’on a des capacités à rouler plus vite et plus longtemps.

     

    - La position aéro. Impliquant un poste de pilotage plus bas, un dos complètement plat, cette position est véritablement beaucoup plus efficace que de placer simplement ses mains en bas des cocottes… Une fois que l’on est posé sur les prolongateurs, on peut y rester de longs moments sans avoir de douleur de dos, à condition évidemment d’être un peu habitué à cette position de triathlète.

    - Le fait de pouvoir changer facilement les vitesses depuis les prolongateurs, évitant de changer de position en touchant les manettes des cocottes, permets de se concentrer sur l’effort et évite les temps morts. Cela peut paraître dérisoire, mais lorsque des petits taquets s’enchaînement, c’est drôlement efficace et cela permets de rouler beaucoup plus vite.

    - Roues et pneumatiques : Le choix des Vitoria Corsa 700x25c rajoute une touche de piquant à ce montage infernal. Montés sur les roues Newwave Ultra (60mm à l’avant et 80mm à l’arrière), l’ensemble procure une sensation de confiance et de toucher du bitume vraiment singulier. Les relances appuyées sont redoutables, on entend le bruit de « clac – clac » qui raisonne dans le carbone, lorsque les dents tombent, absolument grisant ! Que ce soit sur les longs bouts droits, comme sur les virages serrés en descente, les pneus suivent la trajectoire souhaitée, sans fausse note.

    Point négatif : le freinage

    S’il fallait donner un point qui ne serait pas parfait, ce serait celui du freinage. Autant il pourrait suffire sur un vélo de route, autant sur la machine qu'est le Speedline, sur lequel nous allons plus vite qu’à l’accoutumer, nous trouvons que les freins sont un peu fébriles, pas très mordants. Disons que pour aller encore plus vite, encore plus loin, nous aurions apprécié qu’ils soient plus efficaces. À quand une version à disque ?

    Pour la course, l’Half Ironman de Barcelone, nous avons bouclé la partie vélo en 2h58 (90km et 1420m de D+), avec trois belles bosses dont un petit col dans l’arrière pays. Le parcours vélo était technique et très exigeant mais l’Adris nous a permis de relancer en permanence et surtout de n’avoir jamais aucun temps morts. Voici le lien pour découvrir le récit de l’Ironman 70.3 que nous avons parcouru avec cet Adris Speedline : http://www.veloderoute.com/news/14713/recit-de-course-ironman-70.3-barcelone)

     

    Fiche technique :

    - Prix : 5 990€ dans cette version Di2 (existe à partir de 3 390€ en Shimano 105)

    - Coloris disponibles : noir/rouge ou blanc/noir

    - Tailles disponibles : XS, S, M, L, XL

    Les côtes

    Les composants :

    CADRE

    SPEEDLINE, Carbon Toray UHM

    FOURCHE

    SPEEDLINE, Carbon Toray UHM, Tapered

    MANETTES DE DER.

    Shimano Ultegra Di2, R8060, 11-s

    FREINS

    TRP, T860/850

    DER. AVANT

    Shimano Ultegra Di2, R8050

    DER. ARRIERE

    Shimano Ultegra Di2, R8050, 11-s

    CHAîNE

    Shimano Ultegra, R8000, 11-s

    PEDALIER

    Shimano Ultegra, R8000

    PLATEAUX

    52 / 36

    CASSETTE

    Shimano Ultegra, R8000, 11-s, 11/28

    JEUX DE PEDALIER

    PressFit, 30to24

    ROUE AVANT

    Newwave Ultra 60C, clincher, Ceramic C+ bearing

    ROUE ARRIERE

    Newwave Ultra 80C, clincher, Ceramic C+ bearing

    PNEUMATIQUE

    Vittoria Corsa, Fold G+, Corespun K 320 TPI, 700x25c

    GUIDON

    Adris Aeroline, TT

    POTENCE

    Adris Speedline, ICR

    TIGE DE SELLE

    Adris Speedline

    SELLE

    F'izi:k Arione R1, regular, Carbon Braided

    RUBAN GUIDON

    Newwave Teamline, EVA

    POIDS

    8,6 kg

    Site internet de la marque : www.adrisport-bike.com


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