Beaux vélos, belles routes

Fi'zi:k Artica X5

Publié le 20/02/2018 10:39   par Emmanuel DENIS  

Parmi sa large gamme d'équipements, Fi'zi:k propose des chaussures d'hiver, les Artica X5, conçues pour affronter les conditions difficiles. Déclinées en version route et VTT, nous avons eu l'opportunité de tester ces dernières pendant deux mois entre automne et hiver. Verdict.

Présentation générale

 

Au déballage, on découvre une paire de chaussures très sobre, très lisse, épurée. Un sacré look qui rompt avec nos habituels souliers d'été, mais le principal n'est pas là aujourd'hui. Avoir des chaussures spéciales hiver est un luxe alors on va être exigeant pour le confort de nos pieds.

Pour ce test hiver nous avons choisi cette version Artica X5 plutôt qu'une version route Artica R5. Un choix qui nous permet d'utiliser cet équipement quotidiennement en vélotaf, sur nos parcours Gravel et en VTT pour trouver des conditions encore plus extrêmes.

La tige de la chaussure, entièrement étanche jusqu'à la base de la malléole, arbore un beau noir mat, un peu austère mais soyeux au toucher. Le logo de la marque, un bandeau en silicone rouge au bas de la fermeture et une bande réfléchissante judicieusement placée à l'arrière de la chaussure viennent discrètement rompre la monotonie.
L'épaisse semelle affiche un profond rainurage et offre la possibilité d'ajouter deux crampons complémentaires à l'avant du pied pour permettre aux fans de terrain gras et de portage de rester sur pieds.

À l'intérieur la semelle de propreté est composée de trois éléments : une couche supérieure de confort, une couche intermédiaire isolante en aluminium et une mousse au niveau de la zone d'appui du pied sur la pédale.
Le système de laçage se résume à une cordelette associée à un système de blocage rapide.

Sur la balance elle affiche 940 grammes la paire en 42.5.

Lors de la réception des chaussures, on remarque que certaines coutures à l'intérieur du chausson semblent "lâches" (nous y reviendrons plus tard) : avec un budget de 200 euros et sans être perfectionniste la déception se lit sur notre visage...

Premiers pas

L'ouverture du chausson est généreuse ; le pied se faufile sans problème à l'intérieur et dégage de suite une bonne impression de confort.
Le système de laçage est pratique pour les cyclistes pressés de monter en selle mais la tension se révèle difficile à ajuster correctement : on passe très rapidement d'un serrage mou qui donne trop de liberté à la partie arrière du pied à un serrage ferme qui bloque la circulation sanguine.
Bien que totalement rigide, la courbure de la semelle, judicieusement relevée sur l'avant du pied, permet de marcher dans de (très) bonnes conditions et le matériau utilisé offre une très bonne adhérence sur sol humide.

Premiers tours de pédales

Le montage des cales, notamment leur orientation, la symétrie et le report des cotes de nos chaussures habituelles sont grandement facilités par la présence de repères gravés sur la semelle.
Le profond et étroit canal de la semelle a les inconvénients de ses avantages : la cale est parfaitement guidée jusqu'à la pédale et le clipage est franc et impossible à manquer. En revanche, le déclipage manque de netteté : l'étroitesse du canal empêche la bonne rotation de la pédale. La semelle se déforme sous la contrainte de la pédale. Un petit coup de cutter à l'endroit approprié permet néanmoins de remédier à ce problème rencontré avec les pédales Time.
La transmission de l'effort est tout simplement parfaite grâce à la rigidité de la semelle, qui rappelons-le n'empêche pas une marche confortable.

 

 

En route !

Nous avons testé le produit sur plusieurs sorties "longues", sur des trajets domicile-travail et dans des conditions météorologiques très variées.
Par temps sec et avec des températures négatives (-4°C) pendant deux heures, les pieds restent parfaitement au chaud et on ne boude pas notre plaisir à monter en selle sans avoir à enfiler de surchaussures.
Sous la bruine pendant une bonne heure et avec des températures tout juste positives, l'eau finit par s'infiltrer par capillarité par la cheville : une sensation d'humidité apparaît. Le vent lui reste bien coupé par le chausson
tanche et permet aux pieds de rester au chaud.
La situation se complique grandement sous une grande pluie : un trajet domicile-travail de seulement 25 minutes sous des trombes d'eau nous a fait regretter nos chaussures habituelles associées à des surchaussures. En quelques minutes, l'eau pénètre par la cheville et stagne dans la chaussure sans pouvoir s'en échapper (pas même par les trous de fixation des cales qui sont totalement étanches). La sensation d'éponge ou piscine est particulièrement déplaisante et nous avons rempli un demi-verre d'eau par chaussure à l'arrivée.
La durée de séchage du chausson nécessitera plus d'une nuit et s'explique par l'épaisseur des matériaux thermiques du chausson.
Sous réserve que la météo ne soit pas à la pluie, c'est certainement pour un usage tout-terrain que ces Artica sont les plus appréciées : nous sommes notamment rentrés d'une sortie de quatre heures par 0°C en terrain (très) boueux, parfois enneigé et avec du portage avec les pieds parfaitement secs et à peine refroidis. Un vrai luxe.
Entretien
On n'hésite plus à mettre les pieds dans la boue !
Les chaussures sont particulièrement pratiques à entretenir : à l'issue d'une sortie dans la boue, il suffit de les retourner et de les passer au jet et de les essuyer avec une éponge. En quelques instants, elles sont comme neuves !

Bilan

À l'issue de quelques dizaines d'heures d'utilisation et comme nous l'avions envisagé, une couture montre des signes de faiblesse ce qui, pour un budget de 200 euros, s'avère assez décevant. En revanche, la qualité des matériaux utilisés semble satisfaisante puisqu'il n'y a aucune trace d'abrasion significative.
Le confort est très satisfaisant même si, pour notre morphologie, on aurait préféré avoir un peu plus d'espace sur l'avant du pied et une tenue plus ferme du talon.
Le rendu de la semelle à l'effort est irréprochable.
Par temps sec et froid, y compris par des températures très inférieures à 0°C, les Artica X5 jouent particulièrement bien leur rôle et les inconvénients rencontrés par temps de pluie pourront éventuellement être contrés par l'usage d'un pantalon étanche (type Gore-Tex), porté au-dessus du chausson de façon à limiter les infiltrations d'eau.

Les plus :
- résistance au froid
- étanchéité au vent, aux projections d'eau et de boue - facilité de clipage
- marche confortable
- rigidité de la semelle, rendu à l'effort
- facilité d'entretien

Les moins :
- qualité des coutures
- système de laçage (tension est difficile à ajuster)
- étanchéité : gare aux grosses averses et à "l'effet piscine" !

Lien web : fizik.com

 


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