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Essai : transmission microSHIFT Centos 11

Publié le 30/10/2017 08:02   par Etienne Plouze  

Nouvelle offre de transmission, microSHIFT passe la seconde aujourd'hui avec ce groupe Centos 11.

microSHIFT

Voilà deux mois que nous avons installé ce groupe microSHIFT Centos 11 vitesses sur notre vélo de route. Une grande première pour nous, curieux de tester autre chose et de vous en faire profiter. Revenons à la marque microSHIFT, un nom qui doit parler à très peu de cyclistes en Europe. Pourtant, microSHIFT commence son activité en 1999 et va développer petit à petit ces gammes dans la route, le VTT et l'urbain. Le développement des produits se fait depuis Taïwan tout comme la production (certaines pièces proviennent de Chine). A côté des trois ténors du marché, à l'expérience centenaire et à la puissance de développement cent fois supérieure, microSHIFT fait office de petit joueur. Des petits, nous en avons rencontrés beaucoup à l'Eurobike cette année. Proposant parfois de bien pâles copies sans saveur, microSHIFT est-il de ceux là?

 

 

Innovante et sans complexe, microSHIFT propose des solutions qui méritaient un essai. Nous avons donc reçu un groupe Centos 11, groupe aperçu pour la première fois début 2014 sur un salon asiatique. Dans la gamme le Centos 11 se place juste en dessous du Arsis 11 qui représente le top chez microSHIFT. Ce dernier est même utilisé au plus haut niveau de compétition aux États-Unis par l'équipe Jelly Belly PB Maxxis USA. La différence entre les deux vient principalement de l'utilisation de carbone sur l'Arsis 11, apport de prestige qui va plus gonfler le prix que faire maigrir les pièces. Justement parlons prix, avec microSHIFT on a le droit à un mini groupe : les commandes, les deux dérailleurs et la cassette pour 299€. Le prix d'une chaussure haut de gamme en somme, ou le prix d'un dérailleur arrière de la concurrence. Intéressant donc pour le porte-monnaie, voyons si cette transmission remplit ses missions avec précision.

La compatibilité

Avant de faire le tour élément par élément, regardons les éventuels soucis de compatibilité. La marque est claire sur le sujet, l'ensemble de ces produits est compatible avec les produits Japonais Shimano. Nous pourrions donc mixer notre groupe Centos 11 avec des produits Dura Ace 9000, Ultegra 6800 et 105 5800. Honnêtement sur le Centos 11, il faut surtout retenir la compatibilité avec le 105 5800. Un groupe qui correspond avec le Centos 11 au niveau de la cible des cyclistes visés. Question prix, le Centos 11 est légèrement moins cher d'une vingtaine d'euros. microSHIFT ne proposant pas de pédalier et d'étriers, on peut très bien imager monter un vélo avec un mixte de Centos 11 et de Shimano 105.

Pas d'autres compatibilités à noter, les tirages de câbles sont tout simplement différents des Campagnolo et Sram mécaniques. Cependant, on a utilisé une chaîne Sram 11 vitesses sans noter de problème à l'usage.

Les commandes

Elles sont le cœur du système comme sur tous les groupes. On a là un beau mixe, commençons par le freinage. Le levier de frein en noir sur notre modèle (il peut-être blanc également car le Centos 11 est décliné en version White) est fixe comme chez Sram. Ergonomique, il est parfait en toutes circonstances que l'on ait les mains aux cocottes ou les mains en bas.

Pour monter une ou un maximum de quatre vitesses, il faut actionner la palette argent vers l'intérieur. Une action on ne peut plus simple qui est très proche des sensations chez Shimano. La palette est large et tombe bien sous le ou les doigts.

 

 

Pour descendre une ou trois vitesses maximum, une gâchette comme chez Campagnolo est placée à l'intérieur de chaque cocotte. Le pouce tombe directement dessus, déclenchant la réaction instantanée et franche du dérailleur arrière. Lors du roulage, on peut choisir de laisser le pouce sur le haut de cette gâchette en attente ou de le placer ailleurs sans gêne.

 

 

Pour parfaire l'ergonomie, microSHIFT a créé une gâchette double, c'est à dire qu'il peut-être actionné par le haut avec le pouce ou le bord de la main ou main dans le creux du guidon toujours avec le pouce. Une solution qui a défaut d'être très esthétique est simplement pratique, au sprint mains en bas faire tomber une vitesse est rapide et intuitif. 

 

Les leviers offrent deux routages différents pour les gaines de dérailleurs. 

 

Ces leviers sont agréables à utiliser, avec des dérailleurs bien réglés c'est un régal. Les choix faits par microSHIFT sont très intéressants et l'ergonomie est très bonne. Quelques imperfections viennent cependant noircir le tableau. Premièrement, les caoutchoucs qui couvrent les cocottes sont trop fins et donc moins confortables que la concurrence (notamment les Shimano). Plus gênant encore, nous avons été embêtés par un bruit parasite venant de la gauche. En effet, la palette de vitesse trop libre vient vibrer sur le levier de frein. Plutôt agaçant sur une mauvaise route, nous avons résolu le problème en plaçant une petite mousse à l'intérieur du levier de frein (photo ci-dessous).

 

 

Leviers SB-R512B : 249 g la droite et 247 g la gauche sur notre balance

 

Le dérailleur avant

Le dérailleur avant Centos 11 est de construction classique. Il fonctionne bien de consort avec la manette gauche. Les quatre crans de la manette permettent un ajustement bien pratique avec les pignons extrêmes. Côté réglage, c'est avec ce composant que notre mécanicien (on s'embourgeoise un peu il faut l'avouer) a eu le plus de fil à retordre. En effet le dérailleur avant manque de rigidité, son réglage réclame un peu de doigté. Il digère bien nos plateaux ovales AbsolutBlack, bonne nouvelle nous n'avions pas l'intention de remettre les ronds.

Le produit est donc correct même s'il n'égale pas son concurrent directe le Shimano 105.

 

 

Dérailleur avant FD-R58-F : 94 g sur notre balance

 

Le dérailleur arrière

Simple et efficace comme un Shimano 105 en somme. Il y a de grandes ressemblances entre les deux modèles, clairement il est impossible niveau fonctionnement de les distinguer. Nous roulons les deux actuellement et nous sommes formels. Un bon plan donc et côté réglage c'est simple comme bonjour. Il accepte les pignons de 35 dents au maximum. Bref pas besoin de plus de blabla, passons à la cassette.

 

 

Dérailleur arrière RD-R58S : 196 g sur notre balance

 

La cassette

Testée en 11-25T (11/12/13/14/15/16/17/19/21/23/25), microSHIFT propose également une 11-28T et une 11-32T. La conception est relativement basique, onze pignons en acier chromé. Elle nous fait plutôt penser à une cassette Tiagra pour être franc, son poids supérieur à 300 grammes le confirme. Le fonctionnement est bon même avec notre chaîne Sram et c'est bien là le principal. Si votre référence est celle d'un Shimano Dura Ace, vous allez forcement regretter l'onctuosité de ce dernier. Sur le Centos 11, les passages sont plus marqués, plus virils mais toujours avec précision.

 

 

Cassette CS-H110 11-25 : 302 g sur notre balance

 


 

En conclusion

Force est de constater que ce Centos 11 fait le boulot même avec son tarif plancher. On a presque l'impression d'avoir un groupe exotique sur notre vélo, même si sincèrement peu de personnes ont noté l'oiseau rare. Tellement nous sommes habitués aux trois gros, notre regard n'a plus l'habitude de dénicher des nouveaux en matière de transmission. On regarde bien souvent les roues sur le vélo des copains, mais jamais le dérailleur arrière. Il faudra bien du temps, de l'argent en marketing ou en sponsoring pour imposer un microSHIFT. Mais à une échelle moindre, on peut penser à l'avenir des petits nouveaux comme le Rotor Uno ou le FSA We. On souhaite longue vie à tous ces nouveaux acteurs qui verront leurs saluts par une présence en première monte. Domaine aujourd'hui trusté à 80 % par Shimano, Campagnolo et Sram se partageant les 20 % restant.

Si on revient à microSHIFT, pour le moment l'absence de distributeur pour la France ne va pas faciliter les choses. Même si en quelques secondes de recherche nous avons trouvé les pièces aisément sur Amazon.

Le Centos 11 est un groupe agréable et abouti même si vous l'avez lu, il a des défauts. Comptons sur microSHIFT pour ne pas s'arrêter là, en effet la marque a bien d'autres projets. De la transmission électrique bien sûr avec des prototypes VTT, le tout toujours accessible avec un tarif autour des 600$. La route suivra certainement et comme les autres microSHIFT disposent d'une vraie vitrine de test avec son équipe pro américaine. Une véritable aubaine pour les amoureux de technologie qui pour le moment ne peuvent pas accéder aux groupes électriques actuels faute de moyen.

 

Les plus : ergonomie des leviers, fonctionnement général, prix

Les moins : poids surtout pour la cassette, disponibilité en France

 

 

 

 

 

 


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