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Essai aventure - Specialized Sequoia Elite

Publié le 20/05/2017 08:20   par Kevin Laporte  

Lors de notre trip Londres - Paris, nous avons roulé sur le Specialized Sequoia Elite. Une machine fiable et robuste, compromis idéal entre un vélo de route « traditionnel » et un vélo de randonnée.

Lorsque nous décidons de réaliser l'aventure Londres - Paris à vélo, automatiquement la question de la monture s'est posée. Devions-nous choisir un vélo de route, un gravel, ou bien un bike plutôt typé randonnée ? Le choix était difficile. Nous ne connaissions pas le parcours, mais après plusieurs recherches, nous apprenons que de nombreux chemins sont empruntés. Notamment sur la partie anglaise. Le National Cycle Network utilise en grande partie des chemins en forêt, plus ou moins larges avec parfois quelques franchissements. Le vélo de route est donc à proscrire sur notre parcours. Nous réfléchissons alors à un vélo à mi-chemin entre le gravel et le vélo de randonnée. C'est-à-dire une machine qui soit équipée de pneus plus gros que ceux d'un gravel, tout en ayant une géométrie et un comportement plus fun qu'un vélo de randonnée. Notre choix s'est donc porté vers ce Specialized Sequoia qui semblait rassembler l'ensemble de nos critères.

Nous recevons une monture en taille 56, soit une taille au-dessus de nos habitudes. C'est pourquoi nous utiliserons une potence plus courte que celle d'origine et une tige de selle droite. Dès la sortie du carton, nous comprenons que ce n'est pas un vélo très léger. Notre balance nous le confirmera puisqu'il dépasse les 12 kg. 12,2 pour être précis, avec les pédales et les deux porte-bidons que nous venons d'installer. Au premier abord, il semble robuste malgré ses tubes assez fins en Cr-Mo. Sa fourche carbone donne un look de baroudeur et le cintre moustache rajoute un côté aventurier au vélo. Surtout qu'il est enveloppé d'une guidoline en tissu, ce dernier est utilisé également pour le revêtement de la selle. Pour avoir déjà testé par le passé ce type de matière sur des produits similaires, nous savons qu'ils sèchent très vite, un gros plus pour les voyages au long cours.

Après une rapide prise en main du vélo pour peaufiner les réglages, nous l'équipons de sacoches et nous nous lançons dans l'aventure. C'est un voyage de 440 kilomètres, de Londres à Paris, en sept jours, que nous allons réaliser à son guidon. Précisons tout de même que nous allons l'alourdir de deux sacoches, soit d'une petite dizaine de kilogrammes. Cela semble énorme, mais même en optimisant au maximum, il nous fallait le nécessaire pour se changer, se soigner, réparer en cas d'ennui mécanique et recharger les appareils électroniques (téléphone, GPS, caméra...).

Après quelques hésitations pour s'adapter au sens de circulation (eh oui, à Londres, on roule à gauche !), nous filons vers le sud, traversant la capitale pour atteindre la campagne anglaise. Dès les premiers kilomètres, nous nous sentons en sécurité sur ce vélo. Le freinage à disque hydraulique est efficace et la monte pneumatique semble offrir un confort que nous constaterons au fil des jours. Et puis sa géométrie en fait un vélo agréable à rouler, que l'on veuille aller lentement ou appuyer plus fortement sur les pédales. D'ailleurs, la transmission est confiée à Shimano 105, une référence que nous apprécions tant au toucher qu'à la fiabilité. 

Sur le papier, le voyage est son élément et dans les faits, nous n'avons pas été déçus. En fonction des étapes, nous roulions entre 18 et 22 km/h de moyenne. Ce rythme de balade convient parfaitement au Sequoia. Les puristes qui ne roulent jamais à moins de 30 km/h de moyenne peuvent être surpris et ne pas comprendre comment on peut rouler si tranquillement. Je le croyais aussi, puisque j'avoue bien aimer pratiquer de façon plus sportive. Mais lorsqu'on part à l'aventure, il faut laisser le temps au temps. Et nous apprécions les arrêts indispensables pour découvrir les villes que nous parcourons, les repas gourmands, les prises de photos, etc… Il faut savoir profiter du moment présent !

Après les trois premiers jours passés en Angleterre, nous avons pris le ferry pour retourner en France, à Dieppe. Pendant ce transfert, nous avons pris le temps de faire un état des lieux des vélos et des organismes. Aucun ennui mécanique, ni crevaison, ni casse de rayon, ni autre désagrément. Quant à nous, seul un léger mal au genou s'est fait ressentir à cause d'une selle un peu trop basse. En revanche, nous n'avons ressenti aucune douleur particulière, ni au dos, ni aux bras. Seulement les jambes qui tirent un peu tout de même. C'est à ce moment la que nous prenons conscience des capacités du vélo. Il est vrai qu'il est particulièrement adapté aux sorties au long cours.

Pour ceux qui en doutaient, le Séquoia ne porte pas les performances du Venge dans ses tubes, son cousin en carbone. Surtout avec 10 kg de plus sur le cadre. Mais cela ne fait tout simplement pas partie de son ADN. En revanche, nous le trouvons joueur et il a un rendement honorable malgré ses gros boudins. Dès que nous dépassons les 28 km/h, sur la plaque et en milieu de cassette, c'est un vélo qui n'est pas handicapé par son surpoids. Dans les montées, en restant assis sur la selle, nous pouvons monter au train aisément, à un bon rythme. Ajoutons que le Sequoïa se démarque aussi lorsque la route offre un revêtement un peu chaotique. Les défauts de surface et les trous que l'on constate sur de nombreuses routes de campagne sont gommés. Le gain de confort sur le moment est important, sans parler du gain d'énergie économisé en fin de journée.

Quant à la monte de pneus, elle est parfaite pour ce genre d'aventure qui alterne route goudronnée, graviers, terre, boue, etc… D'autant que les conditions météo que nous avons eues n'étaient pas optimales. Les quatre jours de pluie sur les sept étapes ont forcément rendu les routes et les chemins plus glissants, plus complexes à négocier. C'est pourquoi nous avons suivi les préconisations de gonflage. Il est conseillé de gonfler entre 3,4 et 5,6 bar les Specialized Adventure Gear Sawtooth, nous avons arrêté le curseur à 4,5. L'idée était d'avoir un gonflage optimal pour garder du confort, sans trop perdre de rendement. Objectif réussi. Petit détail au niveau de la largeur, ces pneus sont bodybuildés puisque nous arrivons à du 42 !

Au terme de cette semaine sportive, nous avons donc rallié Paris après 440 km de vélo. Tout cela, sans aucun ennui mécanique. Enfin presque, puisqu'il a fallu sortir la caisse à outils pour réparer une crevaison à seulement 8,2 kilomètres de notre appartement. Pour rester positifs, comme nous aimons l'être naturellement, il était bon de se dire que nous avons promené le nécessaire de réparation pendant 431,8 kilomètres, alors autant l’utiliser ! Histoire de ne pas l'avoir trimballé pour rien. La vérification à l'intérieur du pneu a permis de dégager un gravier pointu qui était à l'origine de cette crevaison, en traversant la gomme tendre du pneu. Une fois celui-ci retiré, nous avons pu repartir et finir la dernière et belle étape pluvieuse de 82 km qui a conclu notre périple.

D'un point de vue purement utilitaire, le cadre est équipé d'un certain nombre de plots pour porte-bidons, porte-bagages et garde-boue. D'ailleurs, la marque américaine propose toute une série de sacoches Burra Burra adaptées à la monture : pour le cadre en trois litrages différents, pour le cintre en 2 litrages et enfin pour la tige de selle en 2 litrages également.

En conclusion...

Une fois rentrés, nous avons souhaité tester le Sequoia sans les sacoches, dans une configuration normale. Il s'est révélé très ludique et très joueur. Dans les singles en sous-bois notamment, c'est un vélo qui virevolte, qui prend des bonnes trajectoires, avec lequel on s'amuse sans avoir besoin d'aller vite. Le Sequoia est un engin fait pour l'aventure, sur lequel nous nous sentons en totale confiance, avec lequel nous avons eu envie de nous amuser, de découvrir encore d'autres routes, d'autres chemins, d'autres paysages... Rouler plus pour en voir plus, aller plus loin pour en prendre plein les yeux. C'est une philosophie qui nous convient bien et que le Sequoia porte dans son ADN.

Les + :


  • confort, robustesse, fiabilité
  • esthétique, finition

Les - :

  • Surpoids notable
  • rapport prix/équipements un peu élevé

 

Les specs :

Cadre : Premium Cr-Mo size-specific tubing
Fourche : Composite carbone FACT
Potence : Specialized, 3D forged alloy, 4-bolt, 7-degree rise
Cintre : Specialized Adventure Gear Hover
Selle : Body Geometry Phenom Comp, hollow Cr-Mo rails, 143mm
Tige de selle : Specialized alloy, 27.2mm
Manettes : Shimano 105 hydraulic, 11-speed
Dérailleurs (avant et arrière) : Shimano 105, 11-speed
Pédalier : FSA Gossamer Pro, alloy, MegaEVO BB, sub compact, 110mm BCD spider avec deux plateaux en 48/32T
Cassette : Sunrace, 11-speed, 11-36t
Freins : Shimano 105, hydraulic disc
Jantes : Specialized Adventure Gear Hayfield
Pneus : Specialized Adventure Gear Sawtooth 2Bliss Ready, 700x42mm

Poids sur notre balance : 12,2kg en taille 56 (pesé avec pédales Shimano de VTT)

Couleur : Cafifornia White Sage/Graphite

Tarif : 1899€ ou 999€ le kit cadre

 



Pour plus d'informations : www.specialized.com

Pour découvrir notre aventure Londres - Paris à vélo : www.veloderoute.com/tag/Londres-Paris

 

Vidéo du Sequoia


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