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Technique : Snirt Riding

Publié le 31/01/2017 06:48   par Nicolas Joly     1 Commentaire

Nos 10 conseils pour rouler sur la neige en toute confiance.

Si les kilomètres hivernaux peuvent être particulièrement ingrats, mixant vent glacial, brouillards givrants et routes humides, il existe une alternative sympa à ces moments difficiles : rouler carrément sur la neige. Non pas en fatbike sur les sentiers, mais en vélo normal, sur les petites routes et les chemins de nos campagnes...une pratique que les Canadiens ont baptisée le snirt Sn(ow-D)irt.

Rouler sur la neige présente bien des avantages : tout d'abord, la neige est infiniment plus sèche et propre que les chaussées humides et salées. Ensuite, le ride sur neige implique une hygrométrie et une vitesse d'évolution plus faible : donc une sensation de froid bien plus supportable que celle de la vallée de Chevreuse en janvier.

Mais surtout, il est l'assurance de profiter de paysages magnifiques, d'un trafic fortement réduit, voire nul, et il faut bien le dire, d'une part d'aventure et de découverte non négligeable.


Cependant, on ne va vous mentir, il y a un tout de même un petit détail à surmonter, le caractère un peu acrobatique et imprévisible de la chose. Une expérience (réussie) en vtt et/ou cyclocross sera un vrai plus, même si, c'est bien connu, les chutes dans la neige sont un peu plus douces...

Pour faciliter vos débuts, Veloderoute vous livre son expérience : voici nos 10 conseils pour s'équiper et affronter ce nouveau challenge. Et aussi une bonne occasion de développer ces talents de pilote ...

1. Trouver le terrain idéal !

De nombreuses routes et allées forestières peuvent être propices. Il va de soi qu'il convient d'éviter le trafic autant que possible, ainsi que les longues descentes, du moins au début. Les forêts sont un très bon terrain : elles ont l'avantage de protéger la neige du soleil et le cycliste du vent, offrant ainsi des conditions plus stables. Les routes de campagnes non déneigées sont également idéales, ainsi que les chemins de fermes pourvu qu'ils soient tout de même suffisamment parcourus pour être bien tassés. D'ailleurs, une fois enneigé, le fond (bitume ou gravel) n'a plus vraiment d'impact sur la couche finale.

2. Attendre les conditions idéales.

Ensuite, il vaut mieux démarrer dans des conditions favorables : une couche de neige récente, froide et sèche, mais bien compactée par le passage des voitures. Dans ces conditions, idéalement quand la neige crisse, l'adhérence est optimale. Si la couche est trop meuble, mieux vaut attendre un jour ou deux. N'ayez pas peur du froid, au contraire, plus il fait froid meilleur est l'adhérence.

À l'inverse, plus la température remonte vers 0°C, et plus la neige devient glissante. Il est donc souvent recommandable de rouler le matin, et d'éviter les moments de dégel.

Enfin, plus les jours passent, plus la glace remplace la neige, et plus il faut...apprendre à faire avec....quoi qu'il en soit, les conditions sont forcément changeantes, et demande une lecture permanente du terrain.

3. Trouver le vélo idéal

Pour démarrer, un vieux cyclocross (ou même un VTT), fera l'affaire. Éviter le vélo d'hiver et ses garde-boues propices à collecter la neige...Ceux qui ont un vélo d'endurance ou un gravel moderne, (et des freins à disques) auront un avantage certain.

4. Tout miser sur les pneus

Comme dans toute discipline, le choix de pneu est décisif.

Dans les conditions idéales décrites plus haut, les clous ne sont absolument pas nécessaires, encore moins les gros pneus d'un VTT, ou ceux un fatbike en 4.0. Au contraire, rappelez vous le Rally de Suède et ses montes "galette" : et bien la galette du bike c'est le pneu de cyclo-cross "UCI" de 33mm. Le compromis idéal entre mordant et flottaison, à l'avant comme à l'arrière !

Le choix pourra être modulé selon les conditions, mais toujours privilégier une version haut de gamme, avec carcasse souple ET gomme tendre. Nous utilisons depuis deux saisons les Schwalbe Racing Ralph avec grande satisfaction. C'est un profil "polyvalent" en cx, moins accrocheurs que des vrais Mud, ils ont l'avantage d'avoir un meilleur rendement, et surtout peuvent être utilisés sans restriction sur le goudron.

Si les conditions sont plus profondes, le Mud sera une solution, comme le passage à un volume légèrement supérieur : les Continental CX Speed (35mm) est bien apprécié au Canada, probablement dans des températures plus basses qui favorisent ces micros-crampons. À l'inverse, si la glace devient prédominante, ce qui est tout de même rare en France où le froid ne restent jamais des mois, les pneus cloutés, seront d'un grand secours...mais au prix d'une perte de rendement sensible et d'un retour prudent sur le bitume.

5. Baisser la pression

La pression est évidemment critique. Si le parcours est exclusivement neigeux, rien n'empêche de descendre sous les deux bars. Il va sans dire que dans ces conditions, Tubeless et boyaux (la neige n'use pas) sont largement préférables aux chambres.

5. Choisir ses pédales

L'idéal pour le premier essai est de s'en tenir à des pédales plates, sans cale, de type VTT. Cela permettra de se rattraper et de prendre ses marques...

Ensuite, il faudra bien retrouver de vraies pédales, et là peu d'alternatives : il faut bien entendu passer aux pédales VTT, mais pas n'importe lesquelles. La neige compactée par le pied transforme rapidement une SPD en moignon glacé, certaines font un peu mieux, mais la référence incontournable reste la Crankbrother, particulièrement dans la version Eggbeatter (sans cages donc).

6. Passer en monoplateau

Autre choix de bon sens, simplifier sa transmission : entre les câbles qui gèlent, et la fourchette de dérailleur qui accumule la glace, rien de mieux qu'une transmission monoplateau. Il n'est pas inutile de passer à une plus grosse cassette pour compenser la diminution du rendement. Ici 11-36.

7. Freiner...avec modération

Perdre ses réflexes.. et oubliez tout ce que vous avez pu lire sur l'usage du frein avant sur route...Ici il s'agit de l'effleurer, voire l'oublier certains jours luisants. Si vous rencontrez de vraies descentes, il va de soi qu'il s'agit de ne pas prendre une vitesse que l'on ne pourra pas perdre. Et tant que nous y sommes, rappelons que le monde du vélo hivernal se partage en deux : ceux qui sont équipés de freins à disques...et les autres. Si vous êtes dans la deuxième catégorie, soignez d'autant plus le choix des itinéraires, et anticipez la moindre descente. Sur la neige, les meilleurs freins à patins du monde, peinent à "sécher" les jantes, c'est particulièrement vrai quand la neige est profonde, légère et froide. La vraie difficulté est surtout d'évaluer la durée de séchage qui varie grandement....1/2, 3 ou 7 secondes. Il est donc préférable de faire lécher les patins en permanence pour garder la jante en température, et l'arrière en priorité....bref vraiment oublier tout ce que vous avez appris sur le freinage. Une fois de plus expérience, et an-ti-ci-pa-tion de rigueur !

8. Améliorer sa traction

Maintenant que les bases sont en place, on peut faire un pas vers l'optimisation des performances !

Vous remarquerez à la première bosse venue que la traction est souvent limite...à cela un remède réellement miraculeux : un monoplateau oval ! Nous avons utilisé un modèle Absolute Black dont la forme ovale, très similaire à celle des Rotor a transformé notre traction. Si l'effet est subtil sur le sec, il est indiscutable dès que l'adhérence diminue. En diminuant les accoups du pédalage, la pression exercée par le pneu sur le sol est beaucoup plus constante, limitant les brusques décrochés. Mieux, une fois apprivoisé, ce supplément de traction permet de ralentir sa cadence de pédalage, et de mieux doser ce que le pneu peut "encaisser". L'essai est bluffant, marche aussi en danseuse, et n'est pas "subtil" :  c'est le jour et la nuit...soit passer à pied ou en vélo !

9. Soigner ses extrémités

Pour pouvoir rouler longtemps, il faut prendre grand soin de son isolation thermique. Et particulièrement protéger ses extrémités : pieds, mains et tête. Si les extrémités sont bien protégées, il ne sera pas nécessaire de se couvrir outre mesure, en tout cas pas plus que pour une sortie routière hivernale, et généralement moins.

Chaussures hivernales, Surchaussures néoprène, gants de ski, cagoule, tour de cou, couvre-casque, tous ces équipements font une grande différence !

10. Etre prudent & savourer !

Il va sans dire que ni les automobilistes, ni le code de la route, ni le constructeur de votre vélo n'ont réellement prévu ce que vous vous apprêtez à entreprendre !

Il va donc falloir appréhender tous ces paramètres nouveaux, ainsi que les réactions pas toujours optimales des "pilotes de tous les jours" qui croiseront aussi votre route. Prudence, donc, et tout devrait bien se passer...moyennant quoi, c'est un nouvel horizon qui s'ouvre aux cyclistes hivernaux. Après quelques sorties de tâtonnement et de choix de pneu, la confiance reviendra vite et les kilomètres prendront un jour nouveau avec une certitude : jamais le froid n'aura été aussi plaisant sur un vélo !

 


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1 Commentaire

  • 02/02/2017 09:32:23 par Samos

    Très bonne initiative. Personnellement c'est en VTT et sur des chemins les moins fréquentés possible que je m'éclate la neige venue. Mais uniquement si la couche de neige ne dépasse pas les 15 cm et parce que les routes sont trop vites dégagées par chez moi.