Email : Mot de Passe :
Se souvenir de moi ?
Mot de passe perdu ?

Devenir membre

Bulls Grinder 2, le Gravel à l’allemande

Publié le 14/12/2015 10:33   par Etienne Plouze  

Après un automne en Grinder 2, voilà nos retours et nos ressentis pour notre premier essai de Gravel version catalogue.

Bulls fait son entrée en 2016 dans le monde du Gravel. Certaines marques européennes avaient déjà franchi le pas en 2015 (Canyon, Rose… ) suivant la tendance des géants américains. En 2015, dès les premières présentations, un vrai intérêt chez les Européens est apparu pour la discipline. Les Ridley, Bulls  passent à l’offensive en créant modèles et familles Gravel. Les Français eux sont plus prudents, des modèles proches de l’esprit Gravel sont bien au catalogue, mais ils conservent les pneus chauves et sont classés avec les purs routes.


En Allemagne, l’on a moins froid aux yeux, les gammes sont déjà XXL, alors pourquoi, se priver. Bulls est un bel exemple, le stand de la marque à l’Eurobike ne présente que les nouveautés 2016. Il y a de quoi remplir un grand stand rien qu’avec les nouveaux vélos ; il est vrai qu’il est difficile de réserver un hall entier pour montrer tous les vélos en raison des coûts de location.

En début d’automne, l’on nous a proposé de tester le Bulls Grinder 2. C’est le plus capé des trois Gravel Grinder, nouvelle famille qui commence à 1599€ et culmine à 1879€ avec notre Grinder 2.

Le choix de l’aluminium pour un Gravel

Ce n’est pas le premier matériau qui nous vient à l’esprit lorsqu’on parle Gravel, il reste légitime sur certains points. Qui dit Gravel, dit filtration des irrégularités de la route, sur ce chapitre l’aluminium est le moins performant des quatre matériaux courant dans la fabrication d’un vélo. Il faudra chercher du confort ailleurs, le cadre du Grinder 2 étant plutôt viril.

 

Là où l’aluminium se justifie bien plus, c’est sur son coût de fabrication, permettant de « sortir » des vélos aux très bons rapports prix/équipement. C’est le cas de notre Grinder 2. Pour 1879€, il est assez rare de trouver un vélo avec un groupe Ultegra hydraulique complet (sauf chaîne et cassette). Bulls taquine ainsi ses cousins vépécistes germaniques tout en conservant un système de distribution classique. La marque est en effet présente dans tout le réseau Veloland, soit 90 magasins.

De plus l’aluminium permet d’avoir des tubes de formes et de sections différentes. Sur notre Grinder 2, entre les tubes rectangulaires, les ronds et le tube supérieur aplati, l’aluminium se décline sous toutes ses formes possibles.

Un équipement cohérent sans folie  

La star de ce montage est le groupe Shimano Ultegra 6800. Lorsque l’on regarde le prix au détail de certains composants, l’on est content qu’ils soient d’origine. L’ensemble leviers de vitesses/freins est par exemple vendu au détail autour des 700€, quasiment la moitié du prix de notre vélo complet.



Côté fonctionnement, les freins ont le meilleur toucher que nous avons pu essayer sur route. Puissant et progressif, ils peuvent être actionnés à un doigt seulement. Le shifting lui aussi ne souffre d’aucune faille, bien aidé par un cheminement intelligent des câbles et gaines. La gaine du dérailleur arrière est ainsi continue de part en part, l’ascension vers le grand pignon de 32 dents est une formalité.

Pour le pédalier, Bulls a monté un 46x36. Souvent utilisé en cyclocross ce développement est bien suffisant en Gravel et offre une belle polyvalence au Grinder 2.

Le reste de l’équipement est quasi totalement signé Bulls. C’est le cas pour les périphériques. Cintre, potence et tige de selle sont assez basics avec leurs finitions noir mat. Le cintre a retenu notre attention, il a la particularité de faire 41 cm (axe/axe) en haut et d’être plus large en bas avec 45 cm (axe/axe). Son drop est réduit et il présente un plat pour caler les mains lors des descentes avec freinages pointus. C’est un peu déroutant visuellement, mais à l’usage nous avons apprécié mettre les mains en bas en ayant un excellent contrôle des trajectoires .

Le Gravel a vu émerger un bon nombre de formes atypiques côté cintres, brisant les vieux codes ancestraux. C’est comme ça que l’on aime le Gravel, un tantinet hippie.

 


Sur le train roulant, on a du bon et du moins bon. Les pneus tout d’abord, G-One en version Performance (487 g). Versatiles au possible, ils apportent du confort grâce à leurs généreux ballons de 40.5 mm. Nous avons joué sur les pressions passant de 2 bars à 3.5 bars, entre forêts et routes de campagne. Nous conseillons vivement de ne pas trop sur-gonfler pour chercher le rendement. D’une part, le Grinder n’est pas fait pour cela, et d’autre part, c’est l’effet inverse que vous obtiendrez, avec des désagréments au final. Les G-One sont une bonne découverte, leurs possibilités d’actions sont larges pour un peu que le pilote suive techniquement. Un montage Tubeless serait une plus-value, mais pour ce faire il faudrait une paire de roues un peu plus modernes.

Basics ? Oui c’est un peu l’adjectif qui nous vient à l’esprit. Elles s’articulent autour de moyeux et de jantes Bulls, 32 rayons par roues et 25 mm en largeur externe pour les jantes. Elles ne subliment, pas vraiment notre Grinder 2, on a un peu l’impression que l’ensemble du poids du vélo est concentré dans le train roulant. Tout ce qui roule pèse 3,640 kg (roues, pneus et chambres), une masse qu’il n’est pas toujours aisé d’animer au-delà des 30 km/h. Dans un registre pur Gravel, elles s’en sortent beaucoup mieux en faisant preuve d’une solidité à toute épreuve. On a même expérimenté le choc frontal généreux pour les besoins du test (enfin presque  volontairement…).

Polyvalence et plaisir de rouler partout et par tout les temps

On pensait avoir trouvé en tout vélo de cyclocross, le vélo polyvalent ultime. Ce Grinder 2 place la barre un peu plus haute, dans le sens où il va être intéressant même pour les voyageurs à vélo. Une pratique que nous n’avons pas eu le loisir de tester avec ce Bulls, nous nous sommes limités au vélotaf, sortie route dominicale, vélo de cyclocross et sortie plus typée Vtt en forêt de la région parisienne. Tout cela sans changer un seul équipement ! C’est déjà un beau programme, probablement facile à vendre en magasin. Dans toutes ces applications, le Grinder 2 tire son épingle du jeu sans exceller comme un vélo spécialisé. Même la forêt et les petits singles ne sont pas un obstacle, son cintre large et son freinage sans faille permettent de passer partout.


Ce qui est agréable avec le Grinder 2, c’est qu’il s’accommode bien des météos les plus humides. Très sécurisant, notamment sur routes mouillées, avaler avec lui les kilomètres même dans les pires conditions n’est pas un problème. Sans le moindre effort même avec des gants trempés, le vélo est stoppé sainement sans dérapage intempestif. Pareil en matière d’entretien, malgré les heures de selle nous avons effectué quasiment zéro maintenance. L’usure de nos plaquettes est imperceptible après un usage hebdomadaire de 100 kilomètres, de septembre à début décembre. La purge du système hydraulique à ce rythme pourra attendre deux ou trois ans d’utilisation.

Pour qui et pourquoi faire ?

Si l’on essaie d’imaginer le profil type de l’utilisateur appréciant le Grinder 2, il s’agit de quelqu’un souhaitant un seul vélo dans son garage, qui se moque bien des catégories dans lesquelles on peut le classer et qui pratique avec curiosité un cyclisme au sens large. Cet utilisateur va pouvoir profiter de son vélo les 365 jours de l’année en toute simplicité, usant les terrains de jeu proche de son domicile, voire relevant des défis fous comme le Grand Raid Cristalp en Bulls Grinder 2, si l’intéressé est suisse.


Les + : groupe Shimano Ultegra Hydraulique pour le fonctionnement sans faille, polyvalence et solidité

Les - : look un peu austère, confort spartiate de l’ensemble si l’on ne prend pas la peine de jouer sur la pression des pneus

Prix Grinder 2: 1899€, 1799€ pour le Daily Grinder et 1599€ pour le Grinder 1

Poids Vélo Vert: 9.590 Kg sans pédales

Géométrie en 52 cm     

Bases: 430 mm
Douille: 160 mm
Empattement: 1025 mm
Garde au sol: 280 mm
Tube de selle: 520 mm
Longueur horizontale: 552 mm
Angle de direction: 71°
Angle tube de selle: 73,25°

Cadre
Aluminium 7005 Lite, double butted
Fourche
Carbon pivot carbone axe traversant 15 mm
Transmission
Dérailleur AV Shimano Ultegra 6800, Dérailleur AR Shimano Ultegra 6800GS , Commandes Shimano Ultegra, Pédalier Shimano Ultegra 6800 46x36 - Press Fit, Cassette Shimano 105 5800 11-32, Chaîne Shimano 105 HG600
Poste de pilotage
Direction FSA, Potence Bulls, Cintre Bulls 41 cm en haut et 45 cm en bas, Guidoline Bulls
Freinage Shimano BR-R805, hydraulic disc Rotors 160 mm
Train roulant
Moyeux Bulls, Jantes Bulls XC-21, Pneus Schwalbe G-One Performance 40-622
Assise
Tige de selle Bulls 27,2, Selle Selle Royal Seta S1

Tailles disponibles: 49/52/55/58/61

http://www.bulls.de/fr/bikes/

 


Dans la même catégorie


Autres articles de Etienne Plouze